Parmi les partisans du tabac, de la fumée, et de l’asphyxie, partout, à tout moment, on entend souvent des arguments ridicules que les fumeurs prennent pourtant pour des réponses percutantes : faute de pouvoir faire autrement pour convaincre, abaissons – nous donc à y répondre.
1° La première critique faite à notre volonté d’interdire de fumer dans les lieux publics (tous les lieux publics, y compris « conviviaux ») est d’être "obsessionnelle", notre volonté. Peu profond, basse remarque, c’est certes une obsession chez nous de lutter pour la vie et contre la destruction de l’humain: merci donc du compliment.
2° Par ailleurs, ces fumeurs opposés à toute loi et à tout décret font preuve de peu de compassion pour les barmen, ceux dont le bar est le lieu de travail,sans cesse enfumés sur leurs lieux de travail. Seule réponse connue à ce jour : « ouais mais bon ». Encore une formidable réponse, d’une intelligence époustouflante, je suis battu.
Faudrait-il une discrimination envers les barmen, n’engageant que les barmen fumeurs ? Vous voyez un peu la profondeur des réflexions.
3° D’autres encore, mentionnent, je l’entendais ce matin à la radio, le plaisir de fumer un cigare après le repas!
Merci pour la leçon de snobisme. Merci de nous apprendre les manières de la bourgeoisie, ou de la France profonde, que sais – je ! Merci donc de vous comporter comme de hauts privilégiés, ne pouvant renoncer à leurs privilèges. Que le lecteur relise certains articles (Rubrique « Capitalisme et libéralisme ») pour comprendre que ce type de comportement n’est rien d’autre que celui d’une aristocratie, celle du tabac.
4° Enfin, afin d’élever le débat, certains entendent avancer le mot de « tolérance » contre celui qui demande la liberté de ne pas fumer ; soit la liberté, tout court.
C'est tout simplement, le monde à l’envers. Prenons plus de temps pour répondre à cet argument pitoyable.
Le tabac abîme les poumons, les dents, les bronches, il rend malade et il tue, c’est prouvé, c’est constaté et vous pouvez le lire sur tous les paquets de cigarette. Ainsi, le non fumeur cherche à se protéger contre un objet volant, la fumée qui lui porte atteinte à court terme, car il peut se sentir mal, tout simplement, et à long terme être atteint d'un cancer, principalement. Celui qui nuît à autrui, c’est le fumeur, pas le contraire. Le fumeur ne respecte pas la liberté de ne pas fumer, liberté réelle puisque ne pas fumer ne porte aucune atteinte à autrui, n’empiète pas sur la liberté d’autrui. Par conséquent, on peut bien qualifier le fumeur de bourreau et le non - fumeur de victime. L'un nuît à l'autre, qui en retour, ne lui nuît en rien !
Même à long terme, même si cela vous choque, même si la fumée vous est trop habituelle, même si vous êtes trop conditionné à sa présence, à son odeur qui pue et qui fait mal à la tête, essayez de le penser en vous détachant de vos préjugés, rationnellement, vous comprendrez la logique de mon propos, qui n’est ni extrémiste, ni radical, simplement réaliste et consciencieux. Je ne le dis pas pour me jeter des fleurs, mais bien parce que c’est une évidence que trop de gens refusent.
Ainsi, qui doit faire preuve de tolérance ? Est-ce la victime envers son bourreau ? C’est bien le monde à l’envers. Le but même d’une société n’est même pas de faire en sorte que le bourreau soit « tolérant » envers sa victime - d’ailleurs qu’est-ce que veut dire cela ? Qu’il la tue moins méchamment ? – mais bien d’essayer de faire qu’il n’y ait pas de bourreau. Pourtant prôner la « tolérance » du non fumeur envers le fumeur qui le tue à petits feux, c’est bien faire dire que la victime doit être tolérante envers son bourreau. En somme, c’est trouver une excuse au bourreau, le détacher de toute responsabilité, et pire : c’est faire du bourreau la victime, et de la victime, le vrai bourreau. On touche ici au propre de ce que j’appelle : l’idéologie gauchiste qui est pleine de ce type de justification. Il y a bien inversion de la victime et du bourreau de manière totalement irrationnelle. Il y a bien négation, encore une fois, de la responsabilité individuelle, du fait qu’on est maître et responsable de ses actes.
Par ailleurs, il faut même craindre bien plus ce type de raisonnement aberrant, chez un non fumeur que chez un fumeur. Le fumeur, en effet, peut simplement défendre ses intérêts, chose on ne peut plus commune. Le non fumeur, lui, n’y a pas d’intérêt, il le fait par application d’une idéologie, l’idéologie libertaire gauchiste qui confond la liberté – le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui – avec l’esprit libertaire – le droit de faire tout ce que l’on veut sans condition, soit le retour à la loi de la jungle, l’anarchie à terme - le « je fais ce que je veux » si répandu chez les fumeurs. Voilà le plus dangereux. Après tout, on pourrait comprendre qu’un ouvrier conditionné à la propagande communiste soit marxiste; mais là où le marxisme gagne du terrain, c’est justement lorsque les bourgeois deviennent marxistes eux-mêmes. C’était bien le but de Marx. On a dit toutefois que le marxisme était mort, j’ose croire pourtant que le gauchisme est venu le supplanter. Et après tout, même là où plus personne ne se dit marxiste, le gauchisme est fils du freudo-marxisme culturel, si vivant depuis la fin des années 60.
Et pourtant, remarquez que les défenseurs du tabac se répartissent de l'extrême gauche à l'extrême droite! Curieux? Pas si vous m'avez bien suivi! Ce que je dénonce, c'est bien un mode de pensée libertaire, bien plus répandu qu'on ne le croit, qui traverse, selon les domaines, toutes les divisions partisanes. L'exemple du tabagisme montre qu'on peut s'y laisser tromper.
Gad.