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mercredi 15 novembre 2006

Jean Pierre Rioux, La France perd la mémoire



Jean Pierre Rioux, La France perd la mémoire. Comment un pays démissionne de son histoire, Paris : Perrin, 2006

Spécialiste d'histoire politique et culturelle contemporaine, directeur de la revue scientifique Vingtième Siècle, chroniqueur à La Croix et à Sud-Ouest, Jean pierre Rioux, professeur à Sciences Po, publiait en avril dernier La France perd la mémoire. Livre où il revient sur les conflits de mémoires qui touchent l'hexagone depuis plusieurs années. Bien qu'historien scientifique, universitaire, peu engagé, force est d'avouer que son livre est polémique. Nombre contesteraient ses analyses sur le bilan de santé d'une «Nation - mémoire», à son sens, peu encourageant. A vrai dire, nous ne contesterons pas vraiment cette vision des choses qui veut que les conflits de mémoires de différents groupes interposés, à travers différentes communautés, ont créé un climat douloureux et peu encourageant pour l'avenir de l'esprit national français. Communautarisée, divisée, racialisée, opposée, la France se porte mal. Pas de doute.


Pour autant, nous ne rejoignons pas toujours l'auteur dans ses sentiments citoyens. Ainsi, bien que chroniqueur à La croix, et préoccupé par la ferveur d'un projet national commun , il considère que le 29 Mai 2005 et le rejet du Traité pour une constitution européenne ont été un coup d'arrêt négatif à l'avenir national, divisant par là même, les générations. Sans revenir sur ce débat, ce point peut–être important pour comprendre l'orientation de l'historien.


Bien écrit et engagé, le livre reste malgré tout difficile d'accès, s'appuyant sur une stylistique détournée, qui bien qu'engagée, rend la thèse peu vivace, et honnêtement un peu ennuyeuse. Il aurait sans doute eu plus de portée en étant plus vigoureux.


Mais l'apport essentiel du livre reste la vision d'ensemble maîtrisée, le regard d'un historien reconnu et confirmé sur certaines dérives des trentes dernières années, dans le domaine de la mémoire des individus, des groupes et des commnautés. Ainsi revient – il sur les premières virées des «pépés» de la France rurale et leurs mémoires régionales dans les années 70, sur l'exaltation des patrimoines dès 1980, sur cette obsession du tout patrimoine, du tout mémoire avec l'ouverture de l'année du patrimoine qui débouchera sur le succès des journées du patrimoine. Il s'attarde encore sur les «hésitations de mémoires», ces conflits sur la vision du passé émergeants à l'occasion de la commémoration de la révolution française en 1989. Enfin, aborde – t – il la question de l'enseignement de l'histoire de France et de ses mauvais résultats, avant de finir véritablement sur les difficultés dont nous ne sommes pas sorties autour des mémoires coloniales, l'Algérie surtout qui constitue un tournant, qui porte un coup à la mémoire nationale française, et le reste des anciennes colonies, notamment les Antilles. Celles – ci s'inspirant également, dans une certaine mesure, des conflits mémoriaux touchant à Vichy et la seconde guerre mondiale.


Pourtant, nous étant entretenu avec l'auteur, nous avons été le plus troublé par son explication de la multiplication de ces conflits mémoriaux. Selon lui, les conflits de mémoires seraient à lier au présentisme, c'est – à – dire à un nouveau rapport au temps. Selon Hegel en effet : «Le devenir humain est une historisation». La force d'une société disait encore Benjamin constant, est «d'immoler le présent à l'avenir», et c'est cela, selon Jean Pierre Rioux, que nous serions peut – être en train de perdre. En clair, selon lui, la mémoire nationale se nourrirait à la fois d'un héritage et d'un projet, or les médias1, la société de consommation, l'écart culturel entre les générations2, les vies à vitesses variables de temporalité ainsi, surtout, que le processus d'individualisation des choix que décrivait le grand Tocqueville, réduiraient voire anéantiraient le projet futur commun. L'Homme démocratique ou l'Homme de paix de Tocqueville succomberait à l'activisme qui parie sur la quotidienneté sécurisante et à la monotonie répétitive du présent3. C'est particulièrement profond et intéressant. Ce serait en fait, le regard vers un certain passé, sans projet commun, qui relierait le conflit des mémoires aux mots de Tocqueville.


Loin de moi, l'idée de contester le message visionnaire et particulièrement impressionant d'Alexis de Tocqueville, qui, dès 1830, réussit à percevoir des faits bien réels et considérables plus d'un siècle et demi plus tard. Pour autant, je crois qu'il est extrêmement contestable de lier la profusion des mémoires à ce phénomène, d'attribuer le regard conflictuel vers son passé au fait que le présent s'est routinisé et qu'il n'y a plus de perspectives d'avenir. Ô certes, je ne nierai pas la force du présentisme, ce que je conteste c'est la réduction des conflits de mémoires à cette seule explication. D'une part, une telle vision fait disparaître l'extériorité des revendications mémorielles face à l'ancienne nation : le fait que les conflits naissent de populations soit immigrées - les populations maghrébines musulmanes pour l'Algérie -, soit anciennement contestées en tant que participant à la nation selon certaines visions de la nation – le cas des juifs pendant la guerre -, soit naissent de populations éloignées et intégrées plus tardivement à la nation – le cas des Antillais. D'autre part, il faut aussi prendre en compte – même si celles ci peuvent nous déplaire - que les revendications mémorielles, même issues de groupes et de communautés, peuvent tout à fait elles – mêmes s'ancrer dans des projets nationaux, au même titre que d'autres, la reconnaissance de minorités ou de souffrances de minorités étant partie intégrante de leur projet. Enfin, on pourrait tout à fait défendre brillamment la thèse que les conflits de mémoires et le présentisme, tout au contraire, participent de mouvement inverses, opposés et contradictoires. L'un s'inscrivant dans le «processus de civilisation» ou «civilisation des moeurs»4 au sens de Norbert Elias, l'autre s'inscrivant au contraire parmi le retour des conflits, voire le retour de la violence ou de la barbarie(Thérèse Delpech) – que certains appellent "brutalisation"(Mosse, Audouin - Rouzeau) - symbolique d'abord, puis physique, peut – être, ensuite, dénoncée par certains auteurs.


Ainsi, si l'observation des faits - les conflits de mémoires - nous sont communs, leur explication nous paraît bien différente des raisons invoquées par Jean Pierre Rioux, dont la liaison avec le présentisme, originale et intéressante, nous paraît, malgré tout, limitée.




Sources et compléments :



1JM Cotteret, La démocratie téléguidée, Paris : Michalon, 2006




2Sirinelli(Jean- François), Générations intellectuelles. effets d'âge et phénomènes de génération dans le milieu intellectuel français, Paris : CNRS, 1987




3Antoine(Agnès), L'impensé de la démocratie : citoyenneté, morale et religion chez tocqueville, Paris : EHESS, Thèse sous la direction de Pierre Manent, 2002




4Elias(Norbert), La civilisation des moeurs, Paris : Calmann – Lévy, 1991




-Crubelier(Maurice), La mémoire des français. Recherches d'histoire culturelle, paris : Veyrier, 1991
-Halbwachs(Maurice), Les cadres sociaux de la mémoire, Paris : PUF, 1948
et La mémoire collective, paris : PUF, 1925
-Namer(Gérard), Halbwachs et la mémoire sociale, paris : L'Harmattan, 2000
-Mosse(George Lachmann), De la grande guerre au totalitarisme : la brutalisation des sociétés européennes, Paris : Hachette - Littératures, 1999, préface de Stéphane Audouin - Rouzeau
-Delpech(Thérèse), L'ensauvagement : le retour de la barbarie au XXIe siècle, Paris : Grasset, 2005

dimanche 12 novembre 2006

La Trahison du FN, CQFD


Un ami m’avait pressé en début de semaine de l’accompagner à la fête du FN qui s’est tenue ce week-end au Bourget. Cela aurait pu être tentant vues mes positions de préférence nationale, mais étant traditionnellement de la droite classique même si j’ai tendance à me radicaliser à présent face à l’islamisation annoncée de notre pays, j’aurais plutôt des préférences pour un De Villiers ou un Dupont-Aignan, mais surtout pas un Le pen. J'avais dit à mon ami qu’il était un peu tôt pour faire confiance à ce parti qui, malgré les éclaircissements que Marine Lepen se proposait de faire lors d’un voyage au Proche-Orient, dont Israël où elle a été persona non grata, ce parti disais-je ne s’est pas lavé de ses forts penchants racistes, antisémites et anti-américains, bref de ses penchants néo-nazis tout court, appelons un chat un chat. La politique anti-émigrés de Le pen n’efface pas pour autant sa politique pro-arabe, voire pro-islamiste, vu que ce monsieur a toujours été en parfum d’accord harmonique avec les grands dictateurs musulmans du Proche-Orient ou d’ailleurs, avec qui ce nostalgique du 3ème reich ne peut oublier leurs « ennemis communs », à savoir les juifs en premier lieu et les américains, tout comme le fameux caporal autrichien à petit moustache. Il a quand même dit que L’iran des mollahs avait le droit de posséder l’arme nucléaire, et je ne me souviens pas l’avoir entendu scandalisé des propos de l’aboyeur public Ahmadinejad concernant la destruction annoncée de l’Etat d’Israël, de la même manière que son mentor avait annoncé en son temps qu’il détruirait « ce peuple » (les juifs). Après ces arguments, mon ami m’a dit que je me trompais (sic) et qu’on verrait bien qui de lui ou moi aura eu tort.





Inutile donc d’attendre avril 2007 pour avoir le résultat de ce mini concours entre mon ami et moi. En effet, la collusion du FN avec les nazislamistes a été démontrée aujourd’hui même grâce à la visite soit disant « surprise » de Dieudonné Mabala Mbala, venu prendre le pouls de façon courtoise de la même manière qu’à la fête de l’Huma. Pour les militants ou autres visiteurs du FN s’offusquant de la présence de celui qui a côtoyé les représentants du Hezbollah au Liban cet été, le service d’ordre du FN leur a demandé expressément de se taire (source dépêche AFP). Vu de mon écran de télé, Le pen et Gollnisch ne semblaient pas plus surpris que cela de cette visite « impromptue » et mon sang n’a fait qu’un tour en voyant les échanges chaleureux se dégageant de tout ce « beau monde » et les embrassades à l'appui. Il ne manquait pus que Yakoub Al Chirak pour boucler la boucle. J’ai donc bien fait de ne pas aller à cette mascarade.





J’espère que ceux qui se sont sentis trahis rendront leur carte ou iront voter ailleurs s’ils ne sont pas militants. Pour avoir vu en revanche des militants à la télé dire que c’est « la preuve que Lepen n’est pas raciste », inutile d’insiter ni d’en rajouter, ceux-là sont autant lobotomisés que les islamo-fascistes de droite comme de gauche affirmant que le Coran est un livre de paix et l’islam, une « religion » d’amour et de tolérance. Ceux-là suivent le même entraînement paramilitaire que leurs potes d’Al Qaïda et sûrement avec les mêmes fonds puisque la collusion entre la nébuleuse « nazi » internationale et les grands mouvements terroristes (dont l’IRA) n’est plus à démontrer. J’ai encore en souvenir ce fameux reportage intitulé « l’espion de l’extrême droite » diffusé il y a quelques années à la télé où tout ce « système » était détaillé point par point, preuves vivantes à l'appui en caméra cachée ou non Le reportage nous disait bien à l’époque en mots de la fin : « on ne pourra pas dire qu’on ne vous aura pas prévenu ».



Vive la Résistance !!!

Oxydant