
Alain Soral, La Vie d'un vaurien, Paris : La Flèche, 2001 [1991]
Dans la préface à l'édition de 2001, Soral raconte l'accueil de son manuscrit par différentes maisons d'édition en 1990, avant sa publication. Sur une douzaine de réponses négatives, il souligne l'envoi d' « une ou deux lettres très dures émanant de petites connes lectrices (genre nièce kagneuse du patron de la boîte) [lui] conseillant sèchement d'aller tenter [sa] chance du côté des métiers manuels. » Leur jugement était à mon avis sévère, trop sévère. Qu'on aime ou n'aime pas Soral ou son œuvre, il a indéniablement un certain talent. Mais je crois aussi savoir pourquoi La Vie d'un vaurien a pu déplaire à des lectrices féminines. C'est qu'il est des livres qui plaisent plus aux hommes et qui sont pensés par des hommes, pour des hommes. A mon sens, celui-ci en est. Car ce sont des fantasmes masculins qui y sont contés. La drague sévère, les sorties, les soirées, mater les filles, ne penser qu'à se les faire et s'en désintéresser une fois ceci fait : tels sont des comportements d'hommes et des mentalités masculines. On se croirait même parfois franchement en plein scénario de films X californiens avec toutes les scènes qui les définissent : la MILF (la scène la plus torride à mon avis), les jeunes anglaises, l'allemande, la beurette ou encore l'orgie générale accompagnée des lectures de Louis sur la sexualité. Ou bien dans ces films pour adolescents type American Pie, où tout tourne autour de celui qui en mettra le plus dans son lit. Si on omet le temps qui passe, en fait assez long, Louis peut faire penser à ce beau gosse qui dans Eskimo Limon, un film israélien du même genre, se tape toutes les belles filles, vraiment toutes, n'en laissant aucune à ses copains, car aucune ne lui résiste.
Par là même La Vie d'un vaurien est à la fois excitant, et décevant. Heureusement l'univers décrit et le rapport à la littérature et à la connaissance d'un narrateur intellectuel à ses heures perdues ajoutent quelque chose de plus qu'aux films précités.
Le Livre est court et se lit vite. Et après ça, l'envie me tente d'essayer un autre Soral.



