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jeudi 22 octobre 2009

Marek Halter, Le Vent des Khazars


Marek Halter, Le Vent des Khazars, Paris : Robert Laffont, avril 2001, 357 pp.




Quelle grande épopée que celle des Khazars ! Une tribu semi-nomade au nord de la mer noire et de la mer Caspienne que certains aujourd’hui encore dans le Caucase appellent la Mer des Khazars. Une tribu dite d’ethnie turque qui fonda au 7e siècle un royaume, le royaume des Khazars. Un royaume entouré des Slaves, des Hongrois, de la Perse, de l’Empire byzantin puis de l’Empire islamique. Peuplade dont l’existence est attestée entre le 7e et le 13e siècle, elle retint le regard de grands auteurs comme Yehouda Halevi ou Arthur Koestler. Pour une grande raison : au 8e siècle, Bulan le Khagan des Khazars, encerclé par les chrétiens d’Orient et les musulmans, choisit pour religion dans son royaume : le judaïsme.




Lui aussi grand auteur, grande figure du monde, Marek Halter retrace leurs aventures dans un roman passionnant qui mêle thriller, fiction et histoire. L’écriture est belle et limpide, le style fluide, la lecture aisée et attrayante. On reconnaît dans un tel livre ce petit quelque chose qui fait la réputation de certains grands écrivains.



Tour à tour on suit l’épopée de Khazars du Xe siècle et l’enquête historique menée par Marc Sofer, un auteur contemporain qui fait évidemment penser à Marek Halter lui-même. On est alternativement à Sarkel en 939 avec la belle princesse Attex, la Kathum, et sa servante Attiana, puis à Montmartre en l’an 2000 avec Marc Sofer, interrogé par des journalistes sur son dernier livre. On lit dans un chapitre les aventures du Prince Joseph et de Borouh, le Beck, son éducateur en combat ; puis dans un autre l’histoire d’un écrivain sur les traces des Khazars. D’un côté Marc Sofer veut tout savoir sur l’origine d’une pièce frappée au Xe siècle que lui a remis un certain Yakubov, un Juif des Montagnes, de l’autre Benjamin le père du Khagan prépare son petit-fils à sa bar mitsvah, la majorité juive. Dans un temps l’écrivain part à Oxford puis à Bruxelles à la recherche des traces des khazars et à la poursuite d’une belle rousse, dans un autre temps on est entraîné à la forteresse Sarkel-la-Blanche, entre Petchénègues, Byzance et Russes au nord. Les deux histoires s’alternent, se complètent et petit à petit se rejoignent. Marc Sofer part d’abord à Bakou en Azerbaïdjan, guidé par Mikhaïl Yakovlevitch Agarounov, Président de l’association des Juifs des montagnes. Puis on l’amène à Sadoue en Géorgie. Il pense à cette belle fille dont il ne sait rien mais qu’il voit partout et qui le devance à chaque fois. Il pense à ces attentats, à ces bombes qui ont fait sauter des champs de pétrole dans la région et dont un groupe, le « Renouveau Khazar » se dit responsable. Marc Sofer est un voyageur moderne. Isaac Ben Elézer lui, est venu d’Espagne pour porter au Khagan des Khazars, la lettre de son rabbin Hazdaï Ibn Shaprut. Avec ses amis Saül le commerçant et Simon (le veuf), il rejoint Sarkel puis Itil et trouve sur son chemin le fils du Khagan, Hezekiah, le rabbin khazar et Attex la Khatum. Un amour aventureux et sauvage naît entre la Khatum et le voyageur comme entre Sofer et sa belle rousse. Séparés par des chapitres au début du roman, les deux histoires ne font bientôt plus qu’une, les dialogues se mélangent, les noms, les villes, l’imagination se croisent. A plus de mille ans d’écarts, les deux chemins mènent à la grotte des Khazars, celle qui contient les secrets d’une civilisation disparue qui s’éteint sous les gisements de pétrole.



Avec talent Marek Halter construit un roman de 357 pages, bien mené, ni trop long ni trop court. Le livre depuis sa couverture nous fait voyager de Mâcon à Borjomi, en passant par Tmurtorokan, Londres, Sadoue, Bruxelles, Sarkel, Itil ou Quba en Azebaïdjan. Ici pas de grand débat sur l’origine khazare des Juifs ashkénazes lorsque leur royaume s’effondre, Le Vent des Khazars est simplement le roman d’une grande aventure. Dans un livre comme Le Fou et les Rois (Albin Michel, 1976), Marek Halter témoigne de sa naïveté dans le domaine politique, ici en littérature il en ironise et c’est même bien venu.



Un beau roman, une belle histoire, un bel écrit, une belle lecture, une grande aventure !




En savoir plus :


Yehouda Halevi (1080-1140), Sefer Ha Kuzari (Le livre du Khazar : Dialogue entre un roi Khazar et un sage juif), Cordoue, 1140


Arthur Koestler, La treizième tribu, Paris : Calmann-Lévy, 1976


Szyszman Simon, Les Khazars : problèmes et controverses, Paris : Extrait de la Revue de l’histoire des religions, 1957


D.M. Dunlop, The history of the Jewish Khazars, Princeton, 1954


JacquesSapir, Jacques Piatigorsky (dir), L’Empire khazar. VIIe-XIe siècle, l'énigme d'un peuple cavalier, Paris, Autrement, coll. Mémoires, 2005


Kevin Alan Brook, The Jews of Khazaria, 2e édition, Lanham, MD: Rowman and Littlefield, 2006.


Marc Ferro; Les Tabous de l'Histoire, Nil, Paris, 2002 (chapitre: Les Juifs: tous des sémites ?)


Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008

jeudi 8 octobre 2009

Bret Easton Ellis, Les lois de l’attraction

Bret Easton Ellis, Les lois de l’attraction, Paris : Domaine étranger 10/18, janvier 2008 (nouvelle édition), [1e édition en 1987], [1e édition en français, juin 1990], traduit de l’américain par Brice Matthieussent







C’est bien de l’Américain et non pas de l’Anglais qu’est traduit ce livre. Et bien que mon anglais ne soit pas mauvais, je ne suis pas sûr que j’y aurais compris grand-chose en le lisant dans sa langue d’origine. Car c’est une véritable langue de jeunes, que dis-je de « jeun’s », qu’on lit ici. La langue de jeunes universitaires d’un campus fictif d’art et de lettres du New Hampshire en 1985.

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Bret Easton Ellis est l’auteur de Moins que zéro et d’American psycho. La plupart de ces livres, voire tous, sont adaptés au cinéma. C’est un auteur au succès international, perçu comme l’auteur de chefs d’œuvre et un écrivain de génie de la littérature contemporaine. Il est né en 1964 à Los Angeles, ce qui signifie qu’il na que 23-24 ans à la sortie de son deuxième livre ici en question.

Il est jeune et écrit jeune. Ce livre et ses livres en général, déroutent. C’est, comme souvent, de l’Amérique dite conservatrice, que sort un auteur à l’écriture légère, décrivant une société permissive où le mode hippie — sexe, drogue et rock n’roll— est toujours autant à la mode. A la seule différence que le rock n’roll est remplacé par de la musique des années 80.

Disons-le, Les lois de l’attraction peut ne pas plaire à tout le monde. Il peut tout à fait choquer. Il choque. Il choque d’abord par son style, son écriture. C’est un langage jeune parlé. On n’y dit pas « qu’est-ce qui se passe » mais « keskiss passe » ou « kess que tu dis ». On appellerait cela aujourd’hui du langage texto. On ne dit pas « dit-il », mais « il dit ». On ne dit pas « faire l’amour » mais « baiser ». Et on y « baise » énormément.

Les amoureux de la belle littérature traditionnelle et du beau parler détesteront. Mais c’est là tout le débat. Car le livre a du ressort, sans aucun doute.

Les fans de la musique 80’s aimeront les références à REM, Phil Collins, Peter Gabriel, les Dire Straits, Huey Lewis and the news ou encore les Talking Heads. Je dirais même qu’il faut être un vrai spécialiste de la période aux Etats-Unis pour connaître tous les groupes, les chansons et les films qui y sont référés.

Ceux qui apprécieront ce livre, et peut-être tous ceux de Bret Easton Ellis, sont les lycéens et universitaires qui aiment la vie étudiante faite de débauche, de fête et de baise. Excusez du ton ! Et même ceux qui ne la pratiquent pas, qui n’en rêvent pas ou n’y pensent pas vraiment, souriront quand même. Même si l’auteur y va très fort en nous décrivant un campus où la tromperie sexuelle, la drogue (coke, extasie, shit, etc.) et les conneries sont absolument partout. Ils sont la règle.

Tous les jeunes qui n’aiment pas beaucoup lire, s’amuseraient sûrement avec un tel livre.

Car il y a quelques scènes assez tordantes qui leur rappelleraient peut-être des souvenirs.

Celle où Sean Bateman par exemple, l’un des trois personnages principaux, est interrogé par son professeur alors qu’il n’a rien suivi. Questionné sur le sens d’un paragraphe qu’il n’a évidemment pas lu, il cherche, tant bien que mal à se sortir de cette honte en baissant la tête sans rien dire, en se disant que, lassée, la prof finira bien par écouter la réponse de quelqu’un d’autre. Et puis, dans l’embarras, il dit exactement le contraire du sens du texte.

Celle où Paul, un homosexuel amoureux de Sean, lui-même bi-sexuel, dîne avec sa mère, Richard son ami d’enfance, et la mère de Richard. Et que Richard, lui aussi homosexuel, s’amuse à humilier les deux femmes en prononçant des insanités et que Paul, lui, se marre.

On s’amuse aussi à chaque fois que Sean, à court de réparti, lance un grand « rock n’roll » sans aucun sens.

On rit aussi lorsque Paul se met à courir en voyant Sean, sans comprendre lui-même pourquoi il court.

On sourit toute la scène où Sean (à son grand désespoir) suit Lauren dans une réunion de quelques personnes, qu’elle appelle « soirée » et où le snobisme règne, où celui qui n’a pas lu le dernier livre « in » est un plouc et où les débats sont on ne peut plus pédants.

On sourit face aux thèmes des soirées. La « soirée du prêt-à-baiser » par exemple que même le lecteur attend presque avec impatience, la soirée en toge, celle où Stuart se rend sans qu’il sache trop pourquoi en sous-vêtement et se lance devant tout le monde dans une petite danse complètement délirée en caleçon.

On sourit peut-être devant l’absurdité de certaines répliques un peu érotiques ou carrément pornographiques. On fait de même face à certaines rencontres, comme celle de ce Coréen étudiant en art qui ne peint que des « autoportraits de son pénis ».

On s’amuse, on sourit ou bien on est choqué face au vocabulaire employé, puisqu’ « on baise » à tout va, « se tire » des filles et des garçons, « on se pique », « on se came », et j’en passe … et on ne fait que ça !

On est encore sous le choc lorsque Lauren, la fille principale du roman, perd sa virginité dès le début du livre, complètement défoncée, avec ce première année, ou peut-être cet autre garçon, ou cet autre … bref elle ne sait plus qui car elle a trop bu et trop fumé, mais elle se souvient qu’ils étaient deux.

Voilà un peu le tableau des Lois de l’attraction.

American Pie à côté, c’est du gâteau !





Enfin Les lois de l’attraction c’est aussi un jeu littéraire. Dans la phraséologie, on l’a dit. Mais aussi dans la présentation. On suit les pensées et les dires de chaque personnage par son propre témoignage. C’est-à-dire que chacun est tour à tour narrateur. On a Sean sur une page, puis Paul sur deux pages, puis Lauren sur trois, puis encore Sean sur deux, puis Paul, puis peut-être Stuart, ou Mitchell, ou Eva, ou Judy, etc. L’auteur réalise même un coup littéraire, une prouesse, une blague peut-être, de l’art sans doute avec un peu d’ironie envers ses lecteurs et ses personnages, en laissant une page où Lauren … ne dit rien. C’est-à-dire qu’il est écrit, Lauren, puis rien. La page reste vide. Le livre commence d’ailleurs par un « et c’est une histoire » sans majuscule ni même sans début, et finit par « et elle », bref, sans réelle fin. C’est presque absurde ou existentialiste, sans aucun sens. C’est tout simplement une littérature contemporaine comme à l’image d’une société contemporaine totalement déstructurée.

Sean, Paul et Lauren sont les principaux personnages. Paul tombe amoureux de Sean qui se fiche de lui et le largue pour d’autres hommes et surtout d’autres femmes, dont Lauren, dont il devient accro, même s’il la trompe à deux reprises avec Judy, puis avec une suédoise, puis avec son ancienne copine hippie complètement délurée. Mais Lauren aime Victor, qu’elle trompe pourtant à tout bout de champ car il est parti en Europe où il ne se gêne pas aussi pour coucher. En Europe ou de retour à New York. Là où Sean, imite son père en sortie de famille, en couchant avec ses rencontres de bars.

Pour conclure Les lois de l’attraction est un livre déroutant, choquant, mais amusant, original, étrange parfois. On ne sait pas même quoi en penser de temps à autre. C’est peut-être aussi ce que provoque ce genre de littérature. Elle montre un monde fait de tous sens, et qui n’a plus de sens, et au final on n’en comprend plus le sens, s’il y a un sens. Enfin vous avez compris le sens de ce que je veux dire…

vendredi 25 septembre 2009

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mercredi 16 septembre 2009

Elie Wiesel, Le cas Sonderberg


Elie Wiesel, Le cas Sonderberg, Paris : Grasset, septembre 2008, 247 p.








C’est un petit nouveau roman qu’Elie Wiesel signait il y a tout juste un an. 247 pages en gros caractères pour découvrir l’histoire de Yedidyah, critique théâtral discret d’un journal de New York. C’est à la fois l’histoire de cet amoureux du théâtre, époux d’une comédienne et lui-même comédien peu doué que l’on suit, et celle du procès Sonderberg qu’il ‘couvre’ à titre exceptionnel pour son journal. Werner Sonderberg est un jeune allemand résidant aux Etats-Unis. A la suite d’une promenade sur les montagnes des Adirondacks avec un vieux proche venu lui rendre visite occasionnellement, il se retrouve inculpé de meurtre. Le vieux Hans Dunkelman, lui, est retrouvé mort au bas de la falaise, avec une forte quantité d’alcool dans le sang.



Telles sont les données brutes de l’histoire et du livre. Yedidyah suit ce procès et l’aborde comme une pièce de théâtre dans ses articles, ce qui lui vaut d’être remarqué. Mais surtout ce procès le perturbe et il part à la recherche de ses origines, de lui-même. Juif, seul de sa famille à survivre à la Shoah à l’âge d’un an, le futur journaliste est ensuite adopté par une famille de survivants. Héritier de victimes juives, il croisera le destin de Werner Sonderberg, un allemand … héritier de coupables. A travers cette rencontre, Elie Wiesel a voulu réfléchir sur la justice et l’idée de culpabilité. A son procès, Werner Sonderberg se déclare « coupable … et non coupable ». C’est là toute la réflexion de l’œuvre d’un auteur qui déclare en interview qu’il « rejette catégoriquement l’idée que la culpabilité puisse être héréditaire. »





La réflexion métaphysique sur la justice, la culpabilité, la transmission est en effet intéressante. Les pages qui nous dévoilent ce qui s’est passé dans les montagnes le sont aussi. Tout comme le sont toujours un peu les remarques d’un narrateur cultivé et pétri de tradition juive. L’écriture est légère, simple, limpide, voire trop et l’atmosphère du livre est agréable.



Mais cela s’arrête-là. On n’est pas plus emballé que cela. L’auteur par exemple s’amuse à changer de narrateur : tantôt Yedidyah est le narrateur, tantôt il est personnage ; tantôt ‘je’, tantôt ‘il’. Ceci dans un même chapitre, un même ensemble, au milieu d’une page. De même on est tantôt dans le présent, tantôt dans le passé. L’un et l’autre se croisant dans une même page, laissant juste quelques lignes pour séparer un paragraphe d’un autre. Certains y verront une façon de traduire une réalité complexe, décousue, faite de questions, que sais-je ? J’y ai vu surtout une figure qui embrouille la lecture. En outre l’histoire n’est franchement pas sensationnelle, les rebondissements assez timides et les questionnements de Yedidyah trop nombreux et, devrais-je dire peut-être, trop niais, crédules, presque banals.





Est-il prétentieux de critiquer l’ouvrage d’un prix Nobel de la paix, auteur d’une quarantaine de titres, figure de renommée internationale, et qui plus est un professeur en sciences humaines ? C’est ainsi. Dans La Nuit par exemple, son style léger contrebalance les atrocités des camps et le tout donne une œuvre qui laisse sans voix, ici à mon sens, le résultat est plus moyen.



mercredi 9 septembre 2009

Maurice G Dantec, Les racines du mal

Maurice G Dantec, Les racines du mal, Mesnil-sur-l’Estrée : Folio policier, 2005 [1995]




Lunettes noires sur les plateaux de télévision, style un peu kitch, antimoderne mais futuriste, discours saillant quoiqu’il dise, Maurice G. Dantec ne passe pas inaperçu et ne laisse pas indifférent. Il est aujourd’hui un des auteurs francophones les plus fracassants, spécialisé dans le roman noir, le polar, le thriller et le fantastique. Il aime, dit-il, qu’on parle des livres et non pas des auteurs. Soit. Mais chaque écrivain laisse toujours un peu de lui dans ses œuvres et il n’est pas inintéressant de s’y pencher parfois.
Les racines du mal est son deuxième roman et on y reconnaît déjà le personnage Dantec. Le Dantec du thriller d’abord, initié au roman noir dans sa jeunesse. C’est l’histoire en effet d’un seul puis de plusieurs tueurs en série : ceux qui aiment le sang, la cruauté, les meurtres et surtout la psychologie du crime seront servis. Les cent premières pages du livre vont à 200 à l’heure, on est captivé par la course folle d’Andreas Schaltzmann, un fou dangereux schizophrène qui croit que les nazis et les habitants de la planète Vega contrôlent en secret notre monde et qui tue à tour de bras pour empêcher les aliens, dit-il, de le capturer. Âmes sensibles, s’abstenir, mais la première partie décoiffe ! On y retrouve aussi le Dantec banlieusard (il a grandi à Ivry-sur-Seine) et le Dantec provincial (né à Grenoble). Ces deux influences se lisent, et dans son récit, et au sein du narrateur. J’ai particulièrement apprécié les descriptions du 94, à Choisy, à Vitry, à Thiais, à Maisons-Alfort et surtout le passage sur la portion d’autoroute qui mène à la Préfecture de Créteil et qui passe juste à côté de l’allée que j’ai emprunté toute mon enfance. C’était un peu comme lire un livre qui se passe à la maison.
En deuxième partie, « Machine contre machine », on découvre aussi le Dantec futuriste et technologique car le narrateur, un docteur en sciences cognitives, est le créateur d’une neuromatrice — une machine ultra - moderne d’une intelligence hors du commun et capable de recomposer la connaissance et la conscience humaine. On entre ainsi dans le monde de la psychologie humaine, des mystères du savoir et de la connaissance. La suite, à partir de la troisième partie, traine un peu en longueur cependant. A mon sens pourtant, les digressions sur les voyages du narrateur ne sont pas inintéressantes, au moins nous fait-il un peu voyager avec lui. L’auteur paraît fort renseigné aussi, d’une part sur les meurtres en série et les grandes affaires du siècle, d’autre part sur certains aspects de la recherche en psychologie, en technologie moderne voire en physique quantique. Avec un peu d’imagination toutefois. On retrouve maints sujets de passions de l’auteur, abordés par la suite dans d’autres romans. Lire aujourd’hui Les racines du mal, publié en 1995, n’est d’ailleurs pas encore dépassé. Car si l’histoire se passe dans les années 90 jusqu’à l’an 2000, elle est supposée écrite en juin 2020. L’auteur y fait donc quelques pronostics dont on ne sait pas comment les prendre, vrais pronostics ou simples délires d’un écrivain. Dans le domaine des disparitions et des tueurs en série, il vise juste. Loin de n’être que des faits divers, ils sont malheureusement devenus un élément trop commun de nos sociétés modernes. Ces dernières années en témoignent. Mais en 2009 à ma connaissance, les neuromatrices ne sont pas encore aussi populaires et on n’en vend pas comme des I-pod. Le passage en l’an 2000 non plus ne fut pas la série d’émeutes et de folies qu’on y voit décrit assez subrepticement. On y voit là, il me semble, le signe du Dantec catholique, croyant, et sans doute aussi un peu mystique. C’est ce Dantec-là toutefois qui booste la troisième partie avec de très belles pages de réflexions scientifiques et philosophiques du narrateur sur les concordances des dernières recherches quantiques avec les études kabbalistiques. Le narrateur nous fait faire un petit tour du côté des profondeurs enfouies de la conscience humaine, de la CHeKHiNa et de la Sephira, du Chaos, des interprétations du Zohar, du dieu créateur et du dieu caché, et nous fait connaître aussi un peu mieux les conceptions des gnostiques chrétiens. Ce sont d’ailleurs à partir de ces réflexions sur le Bien et le Mal qu’on comprend le titre du livre, passant des racines de la connaissance aux racines du mal. On apprécie aussi les pensées philosophiques darwinistes sur l’homme et son développement et le parti pris contre Rousseau, quoiqu’on en pense, ainsi que les analyses du nazisme et des idéologies totalitaires comme des perversions auto-destructrices. Un vrai casse-tête philosophique et théologique, trop complexe pour en donner plus de détails mais qui captive sur quelques dizaines de pages en tout et qui redonne un peu de force à la lecture. Mais il est un peu dommage que la chasse aux tueurs en série se poursuivent jusqu’à 752 pages, un peu long. Le livre aurait gagné à n’en garder que 400 ou 500. La lourdeur est parfois même quelque peu accentuée par l’auteur qui pousse son narrateur à des situations ridicules toujours plus longues, gagnant du temps et racontant bobard sur bobard à son employeur pour poursuivre sa quête, sans même toucher au travail pour lequel il est réellement payé. L’échec de la police aussi, complètement larguée, paraît un peu gros. Elle est touchée d’abord par une lourdeur administrative terrible qui l’empêche de se coordonner avec ses collègues européens. Elle est incapable ensuite d’explorer des champs d’investigations lorsqu’ils se présentent, la version officielle reste de mise et ceux qui s’en écartent sont éjectés. Il faut voir là il me semble un clin d’œil du Dantec critique social, observateur de son temps et des dérives qui l’accompagnent.
Pour finir si quelques points auraient pu être évités il est vrai, le tout est rattrapé par les qualités générales de l’auteur, par l’énigme et par le mélange réussi entre policier, roman noir et quasi-science fiction. Si vous ne connaissiez pas Dantec en tout cas, munissez-vous rapidement d’un de ses livres.


D’autres points de vue : http://sf.emse.fr/AUTHORS/MDANTEC/mdlrdm.html


mardi 25 août 2009

Isaac Bashevis Singer, L’esclave


Isaac Bashevis Singer, L’esclave, Paris : Editions Stock, novembre 2003 [1962], édition revue et remise au point par Jacques Robert, Bibliothèque cosmopolite, traduit de l’anglais par Gisèle Bernier



Admirateur de cet auteur, je l’avais délaissé depuis plus de deux ans afin de privilégier d’autres lectures et découvrir aussi d’autres écrits, d’autres univers, d’autres formes de la littérature. Autant dire alors que j’appréhendais à la lecture d’un nouveau Singer, de peur de ne pas y retrouver l’engouement et la passion qui avait été les miens face à ses écrits, dans ma jeunesse. Appréhension tout à fait injustifiée.

Rien n’y fait. Plusieurs années ont passé, j’ai beaucoup appris, beaucoup lu, découvert de nouvelles choses, de nouveaux horizons, essayé des styles différents et brillants, mais Bashevis Singer reste ce qu’il est, ce qu’il a été, et ce qu’il restera : un génie. Prix nobel de littérature en 1978, cet auteur né près de Varsovie en Pologne en 1904 est connu de toutes les familles juives ashkénazes, si ce n’est de toutes les familles juives, comme un maître du roman yiddish. Ce n’est que partiellement vrai, c’est un maître du roman tout court. Chaque livre lu de lui me donne envie d’en dévorer d’autres et d’en savoir plus sur l’écrivain et sur l’Homme. Né en Pologne dans une famille juive observante, il a 10 ans lorsque se déclenche la première guerre mondiale, l’âge d’être bar-mitsvah en 1917 au déclenchement de la révolution russe et 31 ans lorsqu’il obtient un visa pour l’Amérique. La Pologne d’avant guerre qu’il décrit dans La Petite rue de Krochmalna, le New York d’après guerre, la montée en puissance du bolchevisme, l’attrait du sionisme sur d’autres ou encore les grandes légendes de l’histoire juive comme le Golem, Sabbataï Zvi le faux messie ou Yentl : autant de choses qui font partie de son univers et qu’il nous décrit dans tous ses romans. Et avec quel art ! Il serait trop long de revenir sur tous ceux que j’ai eu la chance de lire, trop long de décrire pourquoi j’aimerais en lire d’autres, et trop long de vous dire pourquoi il faut lire Isaac Bashevis Singer.



Je me contenterai, cette fois-ci, d’écrire quelques mots sur L’esclave, mon dernier choix. Publié pour la première fois en 1962, L’esclave est l’exemple d’un Singer consacré à la campagne polonaise il y a trois ou quatre siècles. L’histoire se déroule au 17e siècle, autour des années 1640-1650, précédant de peu celle de Sabbataï Zvi, autre roman d’Isaac inspiré du faux messie de 1665 qui secoua toute la Pologne et le monde juif. Jacob Eliézer est un héros à la Singer : érudit de Talmud, connaisseur du Livre de la création, du Zohar ou encore du Shulkhan Arukh. Victime des massacres de Chmielnicki lorsque les Cosaques envahissent la Pologne, le jeune juif perd sa femme et ses enfants et est fait esclave dans la bourgade polonaise la plus reculée qui soit. C’est là qu’il rencontre Wanda, fille de Jan Bzik son maître, celle qui devient bientôt sa nouvelle femme et l’amour de sa vie. Après plusieurs années en captivité, une fois libéré, Jacob trop épris d’amour et de passion pour Wanda, revient la chercher. Mais les choses ne sont pas simples. Un juif ne peut épouser une chrétienne tout comme une chrétienne un juif, et Jacob ne peut la convertir officiellement car la loi polonaise tue quiconque renie la foi catholique pour se faire juif. Les juifs eux-mêmes se condamneraient en acceptant de la faire juive. Quant à Jacob, c’est un saint homme, sage, fervent croyant et pratiquant et pour rien au monde il ne renoncera à sa foi et ne reniera le Dieu et la loi de Moïse. A Josefov, la ville d’où vient Jacob, tout comme à Pilitz où s’installe le nouveau couple ou dans toute la Pologne, leur destinée, leurs origines à tous deux et surtout leur amour, leur collent à la peau.

L’histoire en elle-même est belle et captive le lecteur, jusqu’à n’en plus vouloir dormir. Mais surtout, Singer sait comment faire parler les songes, les rêves, l’imagination de Jacob le juif, de Wanda ou de Sarah-la-muette, des chrétiens et des païens, des juifs pieux tentés par Satan ou des juifs hypocrites, respectueux des rites mais voleurs, tricheurs et ignorants de l’esprit de la loi. Rempli de références religieuses, de citations du Talmud, du Midrash ou autre texte saint ; parsemé de clins d’œil de l’auteur dont le personnage devient, comme lui, végétarien ; rien n’est laissé au hasard, tout est écrit avec mesure, beauté et simplicité.

Isaac Bashevis Singer est un génie qui nous fait un peu comprendre à nous tous par la littérature ce que seuls les Grands parviennent à comprendre réellement. Il nous prouve à nouveau un talent qu’il me serait bien impossible de critiquer.

lundi 27 juillet 2009

L'immigration, un mensonge d'Etat





La désinformation officielle sur l'immigration et son ampleur, que j'ai dénoncée en 2007 dans La fracture identitaire (Fayard), est un scandale qui perdure et interdit toute politique lucide face à cette possible bombe à retardement. Une fois n'est pas coutume, Marianne se fait, cette semaine, l'utile écho de cet aveuglement volontaire, dans un article intitulé : Immigration: l'Insee aurait-elle peur des chiffres ? L'hebdomadaire y rappelle les conclusions d'une étude des démographes Michèle Tribalat et Bernard Aubry. Le document fait état de 37% de jeunes d'origine étrangère en Ile-de-France, de plus de 60% dans une vingtaine de villes, d'une explosion du nombre de jeunes originaires d'Afrique sub-saharienne, d'une proportion de jeunes d'origine étrangère en très forte hausse dans l'ouest de la France. Mais c'est dans la revue Commentaire, et non dans une publication de l'Insee, que cette étude a trouvé refuge. Tribalat : "L'Insee préfère ne pas informer plutôt que de risquer de publier une nouvelle sensible. Par peur de réveiller le racisme en France".
Ce syndrome persistant du politiquement correct est, comme toujours, animé des meilleurs intentions. Mais il se révèle indéfendable quand il en vient à camoufler volontairement des réalités, voire à les sous-estimer. Je ne résiste pas à rappeler l'hilarante étude de François Héran, directeur de l'Ined (Institut national d'études démographiques), qui en 2004 avait publié un rapport, largement médiatisé, assurant : "La France n'est pas un pays d'immigration massive". Depuis, Héran n'a jamais cessé d'être promu, en remerciement d'une telle perspicacité, tandis que Tribalat n'a jamais cessé d'être placardisée. Le plus étonnant reste la passivité des médias, qui n'ont pas jugé utile jusqu'à présent (mais Marianne semble se réveiller) de dénoncer ces opérations de propagandes menées par l'Insee et l'Ined, avec l'aval des pouvoirs publics, et constitutives selon moi d'un mensonge d'Etat.


http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2009/07/limmigration-un-mensonge-detat.html?xtor=RSS-19

dimanche 19 juillet 2009

La crise pour tout le monde

Y a une faute d'"orthographe. En prime, trouver laquelle ?


La crise pour tout le monde:
Les boulangers ont des problèmes croissants.
Chez Renault la direction fait marche arrière, les Salariés débrayent.
A EDF les syndicats sont sous tension.
Coup de sang de la CGT chez Tampax
Les bouchers se battent pour défendre leur bifteck.
Les éleveurs de volaille sont les dindons de la farce,

ils en ont assez de se faire plumer.
Pour les couvreurs c'est une tuile.

Les faiënciers en ont raz le bol.
Les éleveurs de chiens sont aux abois.
Les brasseurs sont sous pression.
Les cheminots menacent d'occuper les loco,

ils veulent conserver leur train de vie.
Les veilleurs de nuit en ont assez de vivre au jour le jour.
Les pédicures travaillent d'arrache-pied pour de faibles revenus.
Les ambulanciers ruent dans les brancards.
Les pêcheurs haussent le ton.
Les prostituées sont dans une mauvaise passe.
Sans oublier les imprimeurs qui sont déprimés

et les cafetiers qui trinquent !
Bonne journee a tous!

samedi 11 juillet 2009

Rassemblement pour un nouveau procès Ilan Halimi


Après le prononcé de peines faibles
pour les complices de Fofana

Pour soutenir la demande de la famille d'Ilan Halimi d'un appel du parquet général pour un nouveau procès

Rassemblement le lundi 13 juillet 2009 devant le ministère de la justice
Place Vendôme

Personne ne doit manquer à l'appel, faîtes circuler auprès de vos amis

dimanche 5 juillet 2009

Israël Lichtenstein, L'Incirconcis


Israël Lichtenstein, L'Incirconcis, Bonchamp-Lès-Laval : Berg International, juin 2005, Collection Un Monde à part, p.79


L'incirconcis est un tout petit livre, 79 pages à peine, de tout petit format, pour une petite histoire, presque un conte, mais plus triste, plus tragique. On l'aura compris c'est l'histoire d'un incirconcis. Un homme, François Robert, juif orthodoxe typique, grosses chaussettes blanches, longue barbe, grand chapeau, caftan noir, qui vit à Paris lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale. Loin des juifs cachés et perfides, disait-on, que l'étoile jaune devait faire appraître en plein jour, François Robert est un juif on ne peut plus visible. Pourtant François Robert, comme ses aïeux, tous nommés comme lui, n'est pas circoncis. Paradoxe pour un juif observant, philosophe, savant talmudiste, et « accessoirement sacrificateur rituel ». Paradoxe d'une histoire familiale qui lui sauvera néanmoins la vie.



Il survivra donc comme acteur de théâtre comique avec son ami de cellule, François de la Roche-Brisay, un rebelle à sa famille pétainiste. La guerre passe entre pièces pour faire rire les nazis et résistance dans un réseau de la ville de Serres. Aussi nos deux amis nous font connaître Régine, les Astrugon ou Anselme. L'histoire évolue ensuite vers la fin de la guerre, les souvenirs, les souffrances, la France qui se reconstruit, et la recherche de ses racines, de ses origines. Au détour d'un personnage ou d'un événement, on découvre parfois l'histoire des communautés juives en France, des massacres de 1348 à Serres aux faits de la guerre en passant par les marranes de Provence. Mais faute d'être plus long, l'histoire tourne court à chaque fois. D'une part car le livre est en fait trop court, trop limité. D'autre part car il aurait gagné à se focaliser sur le personnage de François Robert, et à n'élargir aux autres personnages qu'à partir de ce dernier. En abordant L'Incirconcis je m'attendais à un récit proche mais à une autre époque dans d'autres lieux, de celui du Dernier juif de Noah Gordon, qui raconte l'histoire d'un juif espagnol qui réussit à rester en Espagne après l'expulsion de 1492 sans se convertir. Au lieu de cela, l'auteur nous fait changer de petite histoire trop souvent pour un si petit livre, axant le récit sur un autre personnage avant de le relier à François Robert ou à François de la Roche-Brisay en dernière instance seulement. C'est en fait approché de telles manières que c'est parfois tout simplement difficile à suivre. Par ailleurs ceci diminue l'importance des deux François, qui n'en restent pas moins sans équivoque les personnages principaux. Mais au fond cette façon de procéder prive le lecteur de détails plus profonds sur les deux hommes, tout comme elle le prive de descriptions de sentiments, de pensées, de réflexions ou de parcours qui font la beauté d'un ouvrage.



A cause de tout cela, on reste constamment sur sa fin et l'ouvrage apparaît en réalité comme une ébauche. C'est fort dommage, car le thème abordé, le contexte et l'écriture ont plutôt de quoi faire un bon roman.

mardi 30 juin 2009

Alain Soral, La Vie d'un vaurien


Alain Soral, La Vie d'un vaurien, Paris : La Flèche, 2001 [1991]




A force de mater les vidéos d'Alain Soral sur You Tube et Dailymotion, il fallait bien un jour lire un de ses livres. Loin de sa nouvelle carrière politique, de ses exploits avec Dieudonné ou Le Pen ou de ses analyses non dépourvues d'intérêt, malgré quelques gros excès assez peu pardonnables, j'ai voulu jeter un coup d'œil à son œuvre littéraire. C'est aussi grâce à elle qu'il s'est fait connaître, et non pas seulement par son passage au PCF. C'est au hasard que je suis tombé sur La Vie d'un vaurien, un petit livre de 142 pages, écrit entre 1988 et 1990 et publié pour la première fois en 1991. C'est à la suite du succès de deux autres livres : Les Mouvements de mode expliqués aux parents et Sociologie du dragueur, et de son film Confession d'un dragueur, tiré en partie de ce roman, que Soral a choisi de rééditer ce petit roman de ses débuts. Il y est aussi question d'une bande de dragueurs parisiens de style un peu bourgeois, dont Louis, le narrateur qui ne pense qu'aux boîtes, à ses « Que sais-je ? », à écrire ses quelques mots littéraires ou philosophiques sur son cahier, et surtout à « tirer », les filles bien entendu.


Dans la préface à l'édition de 2001, Soral raconte l'accueil de son manuscrit par différentes maisons d'édition en 1990, avant sa publication. Sur une douzaine de réponses négatives, il souligne l'envoi d' « une ou deux lettres très dures émanant de petites connes lectrices (genre nièce kagneuse du patron de la boîte) [lui] conseillant sèchement d'aller tenter [sa] chance du côté des métiers manuels. » Leur jugement était à mon avis sévère, trop sévère. Qu'on aime ou n'aime pas Soral ou son œuvre, il a indéniablement un certain talent. Mais je crois aussi savoir pourquoi La Vie d'un vaurien a pu déplaire à des lectrices féminines. C'est qu'il est des livres qui plaisent plus aux hommes et qui sont pensés par des hommes, pour des hommes. A mon sens, celui-ci en est. Car ce sont des fantasmes masculins qui y sont contés. La drague sévère, les sorties, les soirées, mater les filles, ne penser qu'à se les faire et s'en désintéresser une fois ceci fait : tels sont des comportements d'hommes et des mentalités masculines. On se croirait même parfois franchement en plein scénario de films X californiens avec toutes les scènes qui les définissent : la MILF (la scène la plus torride à mon avis), les jeunes anglaises, l'allemande, la beurette ou encore l'orgie générale accompagnée des lectures de Louis sur la sexualité. Ou bien dans ces films pour adolescents type American Pie, où tout tourne autour de celui qui en mettra le plus dans son lit. Si on omet le temps qui passe, en fait assez long, Louis peut faire penser à ce beau gosse qui dans Eskimo Limon, un film israélien du même genre, se tape toutes les belles filles, vraiment toutes, n'en laissant aucune à ses copains, car aucune ne lui résiste.



Par là même La Vie d'un vaurien est à la fois excitant, et décevant. Heureusement l'univers décrit et le rapport à la littérature et à la connaissance d'un narrateur intellectuel à ses heures perdues ajoutent quelque chose de plus qu'aux films précités.



Le Livre est court et se lit vite. Et après ça, l'envie me tente d'essayer un autre Soral.


lundi 29 juin 2009

Leçon d'économie

Enfin une explication claire......Amicalement, Elie.
La leçon d'économie

Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu'à cause de la crise il n'y a plus de touristes. Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre.

Plusieurs mois passent, misérables.
Arrive enfin un touriste qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100$.

Le touriste n'est pas plutôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent dollars.
Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande.

Le paysan, à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la pute à laquelle il doit quelques passes.
La pute boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure.
Comme elle dépose le billet de 100$ sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît.

Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre - no sweat - la crise mondiale?


jeudi 4 juin 2009

Nous sommes tous des sionistes européens


Portez ce badge le 7 juin 2009 pour aller voter aux européennes et dire non à la liste antisioniste de Dieudonné.







Avec le publicitaire Franck Tapiro nous avons mis au point une campagne destinée à sensibiliser l'opinion publique sur le danger que Dieudonné représente pour la démocratie et à montrer que les juifs et les amis d'Israël et de la démocratie (quelque soit leur obédience politique) n'acceptent pas cette liste qui sous un faux nez cache un réel antisémitisme. Le droit de critiquer l'Etat d'Israël est évident, il en est tout autre de la négation de son existence et de l'appel à sa destruction.



Nous avons mis en ligne sur Facebook un « évènement » pour appeler les électeurs à porter ce badge le 7 juin, jour des élections européennes. Vous pouvez le télécharger et l'imprimer (format 13X18).



Vous trouverez également en pièce jointe un facsimilé du bulletin de vote en faveur d'Hitler des élections « démocratiques » de 1938. Imprimez une dizaine de ces bulletins (format 13X18) et posez-les à côté de la pile de bulletins de la « liste antisioniste ». Vous rappellerez ainsi comment la démocratie peut aussi enfanter des démons.



Si vous n'aviez pas prévu d'aller voter, il est tant de changer d'avis !


En vous rendant aux urnes vous serez celle ou celui qui aura empêché Dieudonné d'atteindre les 3% des suffrages exprimés. Et si, du coup, il n'est pas remboursé de ces dépenses de campagne, alors ce sera parfait !




Nous comptons sur vous tous !




Alex Moïse








A faire circuler...A faire circuler...A faire circuler


mercredi 3 juin 2009

Bienvenue







Lumieres-du-monde.blogspot.com et lumieresdisrael.blogspot.com sont un ensemble de blogs participatifs qui vont de pair.

Le premier a une vocation plus générale, le second s'intéresse plus particulièrement au Moyen-Orient avec une petite insistance sur Israël, pays connu de près par les auteurs.

Ces deux sites proviennent à l'origine du site lumieresdumonde.net sur over-blog, aujourd'hui réintégré à l'intérieur de ces derniers. Si vous étiez lecteur de lumieresdumonde.net, vous trouverez votre bonheur ici. Si vous ne connaissiez pas, c'est le moment!

Les auteurs qui participaient à cet ancien blog sont dans leur large majorité toujours présents et actifs dans cet ensemble. Mais notre vocation est aujourd'hui plus large et en même temps plus précise. Lumieres-du-monde et lumieresdisrael sont deux journaux en ligne qui font connaître aux internautes des sujets des plus divers.

Les articles proviennent de notre équipe ou d'informations ou articles reçus et diffusés. Ils ne sont pas toujours signés, en connaissance de cause. Si l'article provient d'une personne extérieure à la Rédaction, nous ne faisons que diffuser l'annonce, si nous la trouvons intéressante, elle est alors en générale signée. Si elle provient de la Rédaction, nombre écrivent à titre anonyme. Ils peuvent signer d'un pseudonyme ou ne pas signer du tout. Nous n'avons rien à cacher mais certains internautes sont parfois mal intntionnés et nous avions rencontré quelques problèmes à nos débuts (menaces, injures ou inutiles manipulations). Les auteurs préfèrent donc se protéger.

Il nous faut toutefois assurer la qualité de nos articles, et donc ne pas écrire des anneries sur des sujets dont nous n'avons aucune connaissance ou très peu. C'est pourquoi lumieres-du-monde et lumieresdisrael sont passés sous la direction d'un auteur public, bien qu'encore peu connu, Misha Uzan. Vous pourrez consulter son parcours et ses publications sur son propre blog http://mishauzan.blogspot.com.

L'auteur publie lui-même sur les deux blogs en question. Parfois signe, parfois non. préférant s'effacer comme les autres auteurs ici. Mais il supervise tout ce qui est diffusé. Cela dit ceci ne signifie pas que lui-même ou la Rédaction dans son ensemble approuvent tous les propos tenus dans les deux blogs. D'une part les auteurs dont nous diffusons les points de vue et humeurs sont maîtres de ce qu'ils écrivent, d'autre part, il peut exister aussi, au sein de l'équipe, des différences de point de vue.

Aussi vous pourrez trouver des billets de droite et de gauche, pro-ceci ou cela, orientés dans un sens ou dans un autre, comme dans un journal traditionnel. Nous essayons néanmoins de varier le contenu, de vous faire découvrir ce qu'il faut ou au contraire de vous prévenir de ce qu'il vaut mieux éviter si c'est le cas.

Comptes-rendus de lectures, de films, musique, billets d'humeur politique, découvertes culturelles..., lumieres-du-monde vous donne donc un aspect de la France et du monde, et lumieres d'Israël et du Moyen-Orient vous donne un aperçu de cette belle région.

Bonne lecture à tous.

Participation souhaitée et appréciée, écrivez-nous.

La Rédaction.

samedi 23 mai 2009

Pétition contre la nomination de MarwanBarghouti comme citoyen d'honneur d'Ivry surSeine (94)

La ville communiste d'Ivry/Seine (94), à l'initiative du groupe des verts, a décidé de faire du terroriste palestinien Marwane BARGHOUTI, le Citoyen d'Honneur de la Ville.

Une cérémonie sera donnée en son honneur le 28 Mai 2009 à la Mairie, en présence de la femme de Barghouti et de la représentante de la Palestine en France.

Les élus de la ville d'Ivry demandent en outre la libération de Barghouti.

Cette décision du Conseil municipal est apparue comme une véritable provocation pour la communauté juive, les amis d’Israël et les véritables partisans de la paix au Proche-Orient.

Notre protestation est d’autant plus vive que chacun sait que Marouane Barghouti a été jugé et condamné en Israël pour plusieurs crimes de sang délibérément commis sur des civils, crimes qu’aucune cause ne saurait justifier.

Il purge une peine de 5 fois à pérpétuité, et il n'a jamais déclarer regretter ses actes.

Cette décision est vécue par la communauté juive d’Ivry/Seine comme une provocation, de nature par ailleurs à attiser fortement les tensions intercommunautaires dans la ville et le département.

Le Comité signataire de la présente a été interpellé par ses coreligionnaires, citoyens de confession israélite de la ville, mais aussi par de nombreux non-juifs amis d’Israël et opposés à la violence : ils redoutent que le fossé creusé entre les différentes composantes de la population de la cité – mais aussi du département – ne s’élargisse encore et ne donne lieu a des troubles.

Pour donner forme à ces oppositions à la décision du Conseil municipal nous avons établi cette pétition que nous vous demandons de signer en grand nombre.

Merci pour de faire passer le line vers la pétition, qui sera envoyée à la Mairie d'Ivry/Seine, mais aussi au Préfet du Val de Marne, au parti communiste et au Ministère de l'Interieur.

SIGNEZ LA PETITION:
http://www.lapetition.be/petition.php?petid=4263