
C’est un petit nouveau roman qu’Elie Wiesel signait il y a tout juste un an. 247 pages en gros caractères pour découvrir l’histoire de Yedidyah, critique théâtral discret d’un journal de New York. C’est à la fois l’histoire de cet amoureux du théâtre, époux d’une comédienne et lui-même comédien peu doué que l’on suit, et celle du procès Sonderberg qu’il ‘couvre’ à titre exceptionnel pour son journal. Werner Sonderberg est un jeune allemand résidant aux Etats-Unis. A la suite d’une promenade sur les montagnes des Adirondacks avec un vieux proche venu lui rendre visite occasionnellement, il se retrouve inculpé de meurtre. Le vieux Hans Dunkelman, lui, est retrouvé mort au bas de la falaise, avec une forte quantité d’alcool dans le sang.
Telles sont les données brutes de l’histoire et du livre. Yedidyah suit ce procès et l’aborde comme une pièce de théâtre dans ses articles, ce qui lui vaut d’être remarqué. Mais surtout ce procès le perturbe et il part à la recherche de ses origines, de lui-même. Juif, seul de sa famille à survivre à
La réflexion métaphysique sur la justice, la culpabilité, la transmission est en effet intéressante. Les pages qui nous dévoilent ce qui s’est passé dans les montagnes le sont aussi. Tout comme le sont toujours un peu les remarques d’un narrateur cultivé et pétri de tradition juive. L’écriture est légère, simple, limpide, voire trop et l’atmosphère du livre est agréable.
Mais cela s’arrête-là. On n’est pas plus emballé que cela. L’auteur par exemple s’amuse à changer de narrateur : tantôt Yedidyah est le narrateur, tantôt il est personnage ; tantôt ‘je’, tantôt ‘il’. Ceci dans un même chapitre, un même ensemble, au milieu d’une page. De même on est tantôt dans le présent, tantôt dans le passé. L’un et l’autre se croisant dans une même page, laissant juste quelques lignes pour séparer un paragraphe d’un autre. Certains y verront une façon de traduire une réalité complexe, décousue, faite de questions, que sais-je ? J’y ai vu surtout une figure qui embrouille la lecture. En outre l’histoire n’est franchement pas sensationnelle, les rebondissements assez timides et les questionnements de Yedidyah trop nombreux et, devrais-je dire peut-être, trop niais, crédules, presque banals.
Est-il prétentieux de critiquer l’ouvrage d’un prix Nobel de la paix, auteur d’une quarantaine de titres, figure de renommée internationale, et qui plus est un professeur en sciences humaines ? C’est ainsi. Dans
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