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vendredi 25 septembre 2009

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mercredi 16 septembre 2009

Elie Wiesel, Le cas Sonderberg


Elie Wiesel, Le cas Sonderberg, Paris : Grasset, septembre 2008, 247 p.








C’est un petit nouveau roman qu’Elie Wiesel signait il y a tout juste un an. 247 pages en gros caractères pour découvrir l’histoire de Yedidyah, critique théâtral discret d’un journal de New York. C’est à la fois l’histoire de cet amoureux du théâtre, époux d’une comédienne et lui-même comédien peu doué que l’on suit, et celle du procès Sonderberg qu’il ‘couvre’ à titre exceptionnel pour son journal. Werner Sonderberg est un jeune allemand résidant aux Etats-Unis. A la suite d’une promenade sur les montagnes des Adirondacks avec un vieux proche venu lui rendre visite occasionnellement, il se retrouve inculpé de meurtre. Le vieux Hans Dunkelman, lui, est retrouvé mort au bas de la falaise, avec une forte quantité d’alcool dans le sang.



Telles sont les données brutes de l’histoire et du livre. Yedidyah suit ce procès et l’aborde comme une pièce de théâtre dans ses articles, ce qui lui vaut d’être remarqué. Mais surtout ce procès le perturbe et il part à la recherche de ses origines, de lui-même. Juif, seul de sa famille à survivre à la Shoah à l’âge d’un an, le futur journaliste est ensuite adopté par une famille de survivants. Héritier de victimes juives, il croisera le destin de Werner Sonderberg, un allemand … héritier de coupables. A travers cette rencontre, Elie Wiesel a voulu réfléchir sur la justice et l’idée de culpabilité. A son procès, Werner Sonderberg se déclare « coupable … et non coupable ». C’est là toute la réflexion de l’œuvre d’un auteur qui déclare en interview qu’il « rejette catégoriquement l’idée que la culpabilité puisse être héréditaire. »





La réflexion métaphysique sur la justice, la culpabilité, la transmission est en effet intéressante. Les pages qui nous dévoilent ce qui s’est passé dans les montagnes le sont aussi. Tout comme le sont toujours un peu les remarques d’un narrateur cultivé et pétri de tradition juive. L’écriture est légère, simple, limpide, voire trop et l’atmosphère du livre est agréable.



Mais cela s’arrête-là. On n’est pas plus emballé que cela. L’auteur par exemple s’amuse à changer de narrateur : tantôt Yedidyah est le narrateur, tantôt il est personnage ; tantôt ‘je’, tantôt ‘il’. Ceci dans un même chapitre, un même ensemble, au milieu d’une page. De même on est tantôt dans le présent, tantôt dans le passé. L’un et l’autre se croisant dans une même page, laissant juste quelques lignes pour séparer un paragraphe d’un autre. Certains y verront une façon de traduire une réalité complexe, décousue, faite de questions, que sais-je ? J’y ai vu surtout une figure qui embrouille la lecture. En outre l’histoire n’est franchement pas sensationnelle, les rebondissements assez timides et les questionnements de Yedidyah trop nombreux et, devrais-je dire peut-être, trop niais, crédules, presque banals.





Est-il prétentieux de critiquer l’ouvrage d’un prix Nobel de la paix, auteur d’une quarantaine de titres, figure de renommée internationale, et qui plus est un professeur en sciences humaines ? C’est ainsi. Dans La Nuit par exemple, son style léger contrebalance les atrocités des camps et le tout donne une œuvre qui laisse sans voix, ici à mon sens, le résultat est plus moyen.



mercredi 9 septembre 2009

Maurice G Dantec, Les racines du mal

Maurice G Dantec, Les racines du mal, Mesnil-sur-l’Estrée : Folio policier, 2005 [1995]




Lunettes noires sur les plateaux de télévision, style un peu kitch, antimoderne mais futuriste, discours saillant quoiqu’il dise, Maurice G. Dantec ne passe pas inaperçu et ne laisse pas indifférent. Il est aujourd’hui un des auteurs francophones les plus fracassants, spécialisé dans le roman noir, le polar, le thriller et le fantastique. Il aime, dit-il, qu’on parle des livres et non pas des auteurs. Soit. Mais chaque écrivain laisse toujours un peu de lui dans ses œuvres et il n’est pas inintéressant de s’y pencher parfois.
Les racines du mal est son deuxième roman et on y reconnaît déjà le personnage Dantec. Le Dantec du thriller d’abord, initié au roman noir dans sa jeunesse. C’est l’histoire en effet d’un seul puis de plusieurs tueurs en série : ceux qui aiment le sang, la cruauté, les meurtres et surtout la psychologie du crime seront servis. Les cent premières pages du livre vont à 200 à l’heure, on est captivé par la course folle d’Andreas Schaltzmann, un fou dangereux schizophrène qui croit que les nazis et les habitants de la planète Vega contrôlent en secret notre monde et qui tue à tour de bras pour empêcher les aliens, dit-il, de le capturer. Âmes sensibles, s’abstenir, mais la première partie décoiffe ! On y retrouve aussi le Dantec banlieusard (il a grandi à Ivry-sur-Seine) et le Dantec provincial (né à Grenoble). Ces deux influences se lisent, et dans son récit, et au sein du narrateur. J’ai particulièrement apprécié les descriptions du 94, à Choisy, à Vitry, à Thiais, à Maisons-Alfort et surtout le passage sur la portion d’autoroute qui mène à la Préfecture de Créteil et qui passe juste à côté de l’allée que j’ai emprunté toute mon enfance. C’était un peu comme lire un livre qui se passe à la maison.
En deuxième partie, « Machine contre machine », on découvre aussi le Dantec futuriste et technologique car le narrateur, un docteur en sciences cognitives, est le créateur d’une neuromatrice — une machine ultra - moderne d’une intelligence hors du commun et capable de recomposer la connaissance et la conscience humaine. On entre ainsi dans le monde de la psychologie humaine, des mystères du savoir et de la connaissance. La suite, à partir de la troisième partie, traine un peu en longueur cependant. A mon sens pourtant, les digressions sur les voyages du narrateur ne sont pas inintéressantes, au moins nous fait-il un peu voyager avec lui. L’auteur paraît fort renseigné aussi, d’une part sur les meurtres en série et les grandes affaires du siècle, d’autre part sur certains aspects de la recherche en psychologie, en technologie moderne voire en physique quantique. Avec un peu d’imagination toutefois. On retrouve maints sujets de passions de l’auteur, abordés par la suite dans d’autres romans. Lire aujourd’hui Les racines du mal, publié en 1995, n’est d’ailleurs pas encore dépassé. Car si l’histoire se passe dans les années 90 jusqu’à l’an 2000, elle est supposée écrite en juin 2020. L’auteur y fait donc quelques pronostics dont on ne sait pas comment les prendre, vrais pronostics ou simples délires d’un écrivain. Dans le domaine des disparitions et des tueurs en série, il vise juste. Loin de n’être que des faits divers, ils sont malheureusement devenus un élément trop commun de nos sociétés modernes. Ces dernières années en témoignent. Mais en 2009 à ma connaissance, les neuromatrices ne sont pas encore aussi populaires et on n’en vend pas comme des I-pod. Le passage en l’an 2000 non plus ne fut pas la série d’émeutes et de folies qu’on y voit décrit assez subrepticement. On y voit là, il me semble, le signe du Dantec catholique, croyant, et sans doute aussi un peu mystique. C’est ce Dantec-là toutefois qui booste la troisième partie avec de très belles pages de réflexions scientifiques et philosophiques du narrateur sur les concordances des dernières recherches quantiques avec les études kabbalistiques. Le narrateur nous fait faire un petit tour du côté des profondeurs enfouies de la conscience humaine, de la CHeKHiNa et de la Sephira, du Chaos, des interprétations du Zohar, du dieu créateur et du dieu caché, et nous fait connaître aussi un peu mieux les conceptions des gnostiques chrétiens. Ce sont d’ailleurs à partir de ces réflexions sur le Bien et le Mal qu’on comprend le titre du livre, passant des racines de la connaissance aux racines du mal. On apprécie aussi les pensées philosophiques darwinistes sur l’homme et son développement et le parti pris contre Rousseau, quoiqu’on en pense, ainsi que les analyses du nazisme et des idéologies totalitaires comme des perversions auto-destructrices. Un vrai casse-tête philosophique et théologique, trop complexe pour en donner plus de détails mais qui captive sur quelques dizaines de pages en tout et qui redonne un peu de force à la lecture. Mais il est un peu dommage que la chasse aux tueurs en série se poursuivent jusqu’à 752 pages, un peu long. Le livre aurait gagné à n’en garder que 400 ou 500. La lourdeur est parfois même quelque peu accentuée par l’auteur qui pousse son narrateur à des situations ridicules toujours plus longues, gagnant du temps et racontant bobard sur bobard à son employeur pour poursuivre sa quête, sans même toucher au travail pour lequel il est réellement payé. L’échec de la police aussi, complètement larguée, paraît un peu gros. Elle est touchée d’abord par une lourdeur administrative terrible qui l’empêche de se coordonner avec ses collègues européens. Elle est incapable ensuite d’explorer des champs d’investigations lorsqu’ils se présentent, la version officielle reste de mise et ceux qui s’en écartent sont éjectés. Il faut voir là il me semble un clin d’œil du Dantec critique social, observateur de son temps et des dérives qui l’accompagnent.
Pour finir si quelques points auraient pu être évités il est vrai, le tout est rattrapé par les qualités générales de l’auteur, par l’énigme et par le mélange réussi entre policier, roman noir et quasi-science fiction. Si vous ne connaissiez pas Dantec en tout cas, munissez-vous rapidement d’un de ses livres.


D’autres points de vue : http://sf.emse.fr/AUTHORS/MDANTEC/mdlrdm.html