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samedi 10 novembre 2007

A quand la fin de l’ultra-conservatisme étudiant ?


Loin des facs, loin des « AG », loin du petit monde étudiant que j’ai si bien connu, mes sentiments balancent entre peine, pitié, énervement et franche rigolade. Diplômé du second cycle, je me souviens de toutes ces années à vivre la même chose qu’il se passe aujourd’hui. Les interventions des délégués de syndicats d’extrême gauche en amphithéâtre pour nous dire ô combien il fallait se motiver pour une grande « AG ». La grande « AG » qui finissait par se faire 1, 2 semaines ou parfois 2 mois plus tard (Il faut dire que les syndicats prenaient de l’avance, rappelons-nous que Paris-Tolbiac avait déjà été bloqué en mai dernier, suite à l’élection de Sarkozy. Pour protester contre les prochaines réformes, disait-on !). Quelle AG dis-donc ! Pour ceux qui n’auraient pas connu ce monde si amusant je précise : AG signifie « Assemblée générale », c’est-à-dire la réunion des quelques dizaines de grévistes — et centaines de sympathisants s’ils ont de la chance — afin de voter la grève et le blocage qu’ils sont décidés à faire. La minorité par rapport à l’ensemble d’une fac de milliers d’étudiants, y est de mise. Les conditions démocratiques modernes (vote à bulletin secret, en isoloir, ouvert à tous, sans se taper 3 heures de débats inintéressants) ne sont en général pas de mise. Est plutôt recommandé le port de cheveux longs, d’une écharpe de couleur vive enroulée autour du cou, ou d’un keffieh, ainsi que de vêtements amples dans le style « new glandeur ». Sont préférés également les étudiants en lettres et sciences humaines, philo, histoire, socio et psycho… En revanche sont peu appréciés les étudiants en économie, en gestion, en sciences dures ou tout simplement les étudiants dits de droite ou membres de l’UNI. Au cas où ceux-là seraient tout de même tenter d’y aller, on leur fera comprendre qu’ils sont en minorité dans l’ « AG ». Et s’ils s’avisaient de venir par centaines, ameutant l’amphi de gestion, on reportera l’ « AG ».



Comme il est amusant de constater, si loin de l’agitation étudiante en France, que rien n’a changé. Il y a quelques jours j’apprenais les « événements d’octobre-novembre 2007 ». Paris-Tolbiac, Nantes et Rennes 2 comme pionniers, pour changer. Les universités étaient prises d’assaut, les piquets de grève établis, et les votes secrets repoussés, contestés, et même agressés. Puis Bruno Julliard et l’UNEF les récupéraient, y mettant leur grain de sel, toujours à l’affût d’un nouveau coup de pub pour leur syndicat, et pour eux-mêmes. Préparant leur future carrière poubelle au P.S. Et là encore les étudiants en sciences humaines et lettres y étaient encore omniprésents, mais toujours minoritaires. S’ajoutant aux contestations des différents projets de réformes du gouvernement, de la loi sur l’immigration à la réforme des régimes spéciaux, à l’ensemble des manifestations prévues dans tout le pays, les leaders syndicaux étudiants espèrent recréer un nouveau « Mars 2006 » ! Aujourd’hui la loi Pécresse, hier le CPE, avant-hier Mai 68, l’ultra-conservatisme étudiant ne bouge pas d’une ligne ! Repoussé sans cesse, il attend patiemment, et entend déclencher « sa » révolution réactionnaire gauchiste et néo-marxiste, quand il le pourra, contre l’évolution du monde moderne et contre le choix de la majorité des citoyens français, tout comme contre la majorité des étudiants, qui ne demandent qu’à pouvoir étudier.




Qu’importe si tous les analystes et spécialistes reconnaissent la nécessité de profondément réformer le système universitaire français, qu’importe si la réforme de ce gouvernement n’est encore qu’une mesurette. Qu’importe si les modèles qui fonctionnent ne sont pas ceux de l’UNEF, et encore moins ceux de la CNT ou de Sud-étudiant !



Quand la France se débarrassera-t-elle des derniers avatars du marxisme et de l’anarchisme ? Ces manifestations feront-elles tomber Fillon, reculer la loi ou bien provoqueront-elles de nouveaux affrontements de rue ? Peut-être Sarkozy aurait-il mieux fait de modifier les conditions de grèves dans les facs, avant de toucher à leur statut. On attend de lui une chose en tout cas : que la France de Sarkozy ne soit plus la France qui bloque. « Ensemble tout est possible » avait-il dit, la même question revient : qui est cet ensemble ?

samedi 13 octobre 2007

Le « détail » qui pue !

Définition étymologique : Nom commun masculin désignant un petit élément d'un ensemble.





Il aura suffi, il y a quelques années de cela, qu’une ganache fascisante sentant le vieux cuir moisi et nostalgique invétéré de la botte cloutée utilise ce terme, pour qu’aussitôt, nos crétins de services, toujours prompts à traquer le nazisme chez les autres (bizarrement, jamais chez eux, pourtant : Nazi = National SOCIALISME, non ?), décident que ce terme devait être banni de la langue française. Quiconque utilise ce terme aujourd’hui se voit immédiatement suspecté de véhiculer des idées nauséabondes, voire d’être un suppôt du führer. On croit rêver !


Ben dis donc, Hollande, t’as peur de rien, surtout pas du ridicule, et en politique le ridicule tue ! Tu n’as plus que ce genre d’argument minable à opposer au Gouvernement ? T’as fondu un plomb ou t’as trop abusé de la moquette de la rue de Solferino ? Ou alors c’est encore ton ex qui te perturbe le mental ?


Alors on ne peut plus dire le mot « détail » ? C’est quand même affligeant de voir le niveau zéro de la pensée auquel sont tombés quelques un de nos soi-disant « ténors » de la politique systématique d’opposition. Ce n’est pas nouveau, et c’est même la pire des choses qui caractérisent l’idéologie « de gôche », cette propension de petits bourgeois confortablement installés dans leur loft quai de Jemappes ou des Buttes Chaumont, à vouloir s’ériger en gardiens de la morale, de la vertu, et des mots, de nous dire ce qu’il faut, penser, dans quels termes, ce qui est « bon » (tout ce qui est de gôche) ou ce qui est « mauvais » (tout ce qui est de droite) bref, un insupportable totalitarisme de la pensée unique, la dictature du politiquement correct. Les fachos, Hollande et consorts, c’est VOUS ! C’est votre petite pensée étriquée et ratatinée derrière vos lunettes roses, rouges, ou maintenant vertes (celui de l’Islam radical et/ou de l’écologie militante façon José « Beauf »vé) qui vous empêchent de voir, même d’imaginer une réalité dés lors qu’elle ne colle plus à vos petits schémas idéologiques. Vous vous affichez avec des individus qui ne sont pas plus respectables que Le Pen, des gens qui ont et qui soutiennent encore les pires dictatures de la planète, et du moment que le tyran à l’intelligence de se réclamer « des pauvres et des exploités », et surtout de détester les USA et Israël, le voila dispensé de devoir rendre des comptes, fussent-ils, comme le petit macaque hystérique de Téhéran ou le bouffon de Caracas, des génocidaires en herbe ou réels. A partir de ce moment, on est exempté de tout pêcher. Mais qu’un pays, fut-il une des rares démocraties de la planète, qu’un politicien, philosophe, écrivain, journaliste, ou simple quidam, ose dire qu’entre Chavez, Ahmadinedjad, El Assad, El Bechir, … (la liste est longue, ça se bouscule au portillon) il a plus de confiance dans les démocraties, le voila voué aux gémonies et cloué au pilori de la « bien-pensance ». C’était déjà les cas avec la politique, voici, pour notre « gauche » la plus intelligente du monde, et D. sait que la concurrence est âpre pour la première place, revenu le temps de la censure verbale, comme au bon vieux temps de Staline et ces « vipères lubriques ».



Non, Hollande, la France n’a pas basculé dans le nazisme le 6 mai, Sarko n’est pas Hitler, Fillon n’est pas un émule d’Adolphe, et le mot détail ne disparaîtra pas du dictionnaire sous prétexte qu’un Le pen a eu le tort de l’employer une fois et que certains «intellos» ont décidé de jouer les pucelles effarouchées dés que ce mot est prononcé. Et ta « sainte » colère (comme celle de ton ex lors du débat avec Sarko) du week-end dernier pue l’hypocrisie et la basse manœuvre politicarde la plus minable. Quand on veut noyer son chien… on l’accuse de nazisme !



STP, Hollande, peux-tu nous faire parvenir un petit lexique des termes qu’on a le droit ou pas d’employer, si possible avec la définition appropriée vue et revue par ton Comité de Redéfinition et de Classification des Mots. Ca nous aiderait à l’avenir pour essayer de décrypter ta pensée, si toutefois il te reste encore quelques neurones pas trop contaminés par ton idéologie totale-hitler. Tu vois, ça fait du bien de se faire traiter de facho, non ? Je te vois d’ici, outré et drapé dans ta superbe, les joues d’un joli rose PS et les oreilles d’un beau rouge PC, et la rage d’un beau vert écolo…facho ? moi, jamais, je suis Socialiste ! Comme si c’était incompatible ! Puisqu’on vous le dit, et que la « gôchunie » ne se trompe jamais. CQFD.



Mon pauvre Hollande, que ça doit être limité dans ton esprit !!! je te pensais un peu moins étriqué et un peu plus intelligent. Et « Ca »a fait l’ENA ? Triste France ! Tu comprends maintenant pourquoi les Français vous ont viré en mai ? Non, tu comprends pas ? Je vais t’expliquer : On en a marre de votre totalitarisme de la pensée, voila tout (c’est un ex-trotskiste militant qui te le dit), et de plus en plus de gens le comprennent. Votre période de dictature intellectuelle touche à sa fin, les français se réapproprient les mots, y compris et surtout ceux que vous avez honteusement dévoyés, comme racisme, paix, justice, … ou détail. C’est ça qui doit te faire le plus mal, de voir que votre emprise idéologique sur les français, ultime héritage de Mai 68, véhiculé encore ce jour comme Evangile par quelque bobo-écolo-gaucho-altero-palestinophile et « sionistophobe » pour ne pas dire antisémite, ou quelque adolescent attardé sectaire, fanatique idolâtre du Ché ou de Trotsky (Ach, quels « grands » hommes, si humains, si bons !) est en train de se ratatiner comme une vieille bouse au soleil. Mais la bête est blessée, ses derniers coups de griffes peuvent être encore dangereux.



Eric



vendredi 20 juillet 2007

Souvenirs d'un étudiant de Sciences Po

Ca y est, me voici diplômé. Master en poche. Peut-être mon parcours d’étudiant n’est-il pas achevé si je vais plus loin comme je le souhaite, mais il n’empêche qu’une période s’achève. Celle du Master, celle du bac+5, celle de la formation traditionnelle. Celle de l’étudiant qui a tout à apprendre, tout à découvrir, tout à gravir.


Et que n’ai-je pas découvert depuis mon collège de banlieue où la tradition voulait qu’on ne finisse jamais une année sans avoir agressé un professeur ; et où la dernière année, des racailles du collège — non contents d’être moins réputés que leur grands frères en matière de délinquance — avaient tenté de mettre le feu au collège. On avait révisé le brevet tous seuls à cause de ces énergumènes à qui on offre des MJC et que la gauche bobo prend pour des victimes.


Que n’ai-je pas parcouru encore depuis mon lycée, bien mieux réputé, où j’avais appris à connaître les banlieues bourgeoises — et de droite — de mon département. Avec leurs qualités et leurs défauts. Un lycée où l’on trouvait étrange de trouver une majorité de « Céfrans », de blancs ; nous qui sortions d’un collège et d’une ville voisine où les « minorités visibles » auxquelles nous appartenions étaient majoritaires … et de loin.


Que n’ai-je parcouru depuis mon entrée sur dossier dans une grande université parisienne, grande par l’histoire, par la réputation, par ses professeurs, mais pas forcément par son système et ses étudiants. C’est là-bas que j’avais vécu mon post-11 septembre : les discussions sur Ben Laden, le terrorisme, les poubelles fermées à cause d’un barbu perdu en Afghanistan, la famille Bush, le tiers-monde, le conflit israélo-arabe, et plus simplement les coutumes (à mon sens assez bourgeoises) du café l’après-midi. C’est là aussi que j’avais découvert qu’il n’y avait pas qu’en banlieue qu’on n’aimait pas les Américains, qu’il n’y avait pas qu’en banlieue qu’on détestait Israël et qu’on l’accusait assez étrangement de tous les maux de la terre. A vrai dire en banlieue, ces choses-là, on n’en parlait pas. En banlieue certains étaient appelés « le Juif » ou « le blanc », les insultes étaient courantes, mais jusqu’à la terminale, on ne parlait pas de politique, et on n’y connaissait rien.


Evidemment ce fut différent au sein de la vague trotskiste et gauchiste ultra-politisée du treizième arrondissement. C’est là-bas que je découvrais les petits journaux toujours férocement marxistes, altermondialistes et tiers-mondistes. Là-bas que je découvrais les piquets de grève, les punks venus de province pour les grandes occasions et les rebelles du quatorzième arrondissement. Ceux qui prétendaient parler au nom des pauvres et des discriminés mais qui nous empêchaient d’aller en cours parce qu’ils bloquaient l’entrée de la fac, peu soucieux de l’heure et demie que nous, banlieusards et plus pauvres qu’eux, avions fait pour y venir. Et c’était comme ça chaque année. Combien d’heures avais-je passées à attendre ? Combien de fois étais-je resté dans leurs « AG », faites pour eux, par eux et comme ils le veulent, pour ce qu’ils veulent, pendant des heures. Eux qui, semble-t-il, se souciaient peu d’aller en cours, et de rendre leurs devoirs à l’heure. Mais c’était pour nous, paraît-il, qu’ils le faisaient. Pourtant moi je n’avais pas leurs relations, je n’avais pas leurs parents et je n’avais pas leur capital, ni économique, ni culturel. Tout ce qui comptait donc pour moi, c’était mes notes : le seul moyen de me démarquer, le seul moyen de progresser, de me faire ma place, et de monter dans l’échelle sociale.


Qu’elle ne fut donc pas ma joie de réussir à chaque fois mon entrée dans des filières sélectives. Les seules qui donnaient un peu d’espoir, surtout dans les sciences sociales et humaines. Jusqu’à Sciences Po.



Sciences Po, une école un peu différente, c’est vrai. Mi-école, mi-université comparée au système français. Une école où j’appris à connaître les professeurs personnellement, à parfois même faire des soirées chez certains d’entre eux. Une école où je découvrais du « beau monde ». Que ce soit aux tribunes des amphithéâtres, aux forums et colloques, ou sur les bancs, plein de fils de. Non seulement fils de vieux noms nobles, mais aussi et peut-être surtout fils de personnalités, politiciens, universitaires et intellectuels qui composent notre société française. Française oui, mais pas seulement. Une école où je rencontrais, et entendais, beaucoup d’étrangers et pas mal de langues étrangères. Une école où passent quelques stars et où on peut aussi faire des rencontres. En somme une école à réseaux. Ces réseaux que l’on exalte tant aujourd’hui. Bref une école avec ses qualités, et aussi ses défauts.



Politiquement pourtant, le changement n’était pas si radical, très relatif en fait. Certes l’extrême gauche était moins implantée qu’ailleurs, certes on osait moins à Sciences Po, débarquer un matin à 7h00 pour prendre la faculté d’assaut comme ça se fait ailleurs. Certes il existait aussi un UMP Sciences Po et un UDF Sciences Po et l’UNI — bien que discret — avait tout de même droit de cité. Mais enfin, comme ailleurs, l’UNEF restait majoritaire, comme ailleurs nous eûmes droit aux « AG » contre le CPE, comme ailleurs nous eûmes des heures de cours qui sautèrent. Mais moins qu’ailleurs c’est vrai, et souvent rattrapées.


A Sciences Po on touchait l’élite en son sens mélioratif, mais aussi l’élite de l’hypocrisie de la gauche bobo. En apparence presque tout le monde y est à peu près sympa. Être sympa, cette qualité si importante qui pourtant cache bien d’autres défauts. Car à Sciences Po on ne compte plus ceux qui ont manifesté contre le CPE et la « précarisation » du monde du travail mais qui sont partis en stages à New York ou ont passé une année plaisante — et qui leur a plu — à Montréal ou à Londres, au cœur du capitalisme libéral. On ne compte plus ceux qui y retourneront pour y travailler, mais dont les idées sur le libéralisme, comme le vote en fonction d’ailleurs, ne changeront pas. On ne compte plus les "droits de l’hommistes" qui intègrent des branches de l’O.N.U. ou de l’U.N.E.S.C.O. et qui disent vouloir lutter pour les droits de l’homme dans le monde et faire de l’humanitaire, mais qui passent leurs vacances en Syrie ou en Chine, pays des droits de l’homme. On ne compte plus ceux qui développent les mêmes théories gauchisantes et conservatrices qu’ailleurs, même si peut-être ceux-ci peuvent le faire avec plus d’exemples, et souvent dans plusieurs langues. Et on ne compte plus les anciens rebelles et contestataires qui finissent par préparer les concours administratifs : pour l’ENA, Bruxelles ou autres.


Il est vrai toutefois qu’on y trouve de meilleurs institutions qu’ailleurs, même si là aussi, personne ne rend ses devoirs à l’heure. Il est vrai qu’on y trouve aussi des gens incontestablement intelligents et doués, même si ça n’est pas toujours à bon escient. Et enfin il est vrai qu’on y dispose d’un peu plus de moyens, même s’il existe aussi un esprit assez sectaire (quelle idée par exemple de n’organiser un Gala que pour les Sciences Po, sans externe aucun, faut-il rencontrer son conjoint à Sciences Po et y fonder toute sa famille comme l’a fait notre ancien président de la République ?).



Ainsi, pour finir — même s’il resterait beaucoup à dire — on retiendra comme défauts un certain snobisme, des mœurs comme intellectuel, une hypocrisie croissante avec le niveau de richesse et de relations, et un conservatisme estudiantin qui dépasse largement le cadre de cette école-université. Mais sans doute serait-il trop sévère de ne pas souligner que ces défauts ne lui sont pas propres et qu’ils émanent bien plus souvent de la structure étudiante, inhérente à l’époque, qu’à la direction.


Si j’y ai donc été un marginal, peut-être était-ce de ma faute !











A Tolbiac par exemple, l’UNI s’est vu longtemps refusée le local auquel elle avait le droit, au motif que sa sécurité ne pouvait être assurée. Je ne sais ce qu’il en est aujourd’hui, mais vu le blocage survenu après l’élection de Sarkozy, je ne suis pas sûr que les choses aillent mieux.



mercredi 18 juillet 2007

Antiaméricanisme et Antisarkozysme


Décidément on ne sait plus quoi inventer. On croit rêver !!!


Très occupé ces jours-ci, voici un moment que je n'étais pas intervenu moi-même sur lumieresdumonde.


J'avais laissé passer la fin de la campagne du premier tour et toute celle du deuxième tour.

J'avais laissé passer les premières émeutes et manifestations de fascistes[1] (d'extrême gauche ou de banlieues) anti Sarkozy qui refusaient, par la violence, le choix démocratique des Français.


J’avais laissé passer les milliers d’affiches électorales déchirées, barrées ou colorées – en toute violation du code électoral – qui visaient principalement les candidats dits « de droite », à savoir Sarkozy, Villiers et Le Pen, invitant à penser que seuls – à quelques exceptions près - les militants qui leur étaient opposés n’avaient pas de conscience démocratique.


J’avais laissé passer les dizaines de mails ou spams de personnes qui m’étaient totalement inconnues, mais aussi d’amis, et même de ma famille, sur le danger que représentait Sarkozy – ce facho !


J’avais laissé passer les nombreux articles de presse (comme celui de Marianne « Le vrai Sarkozy ») qui n’en disaient pas moins.


J’avais aussi laissé passer – et aujourd’hui je ne le laisse plus passer – l’appel à l’abstention de Jean-Marie Le Pen, qui, contrairement à Philippe de Villiers a ainsi démontré qu’il n’est pas un vrai patriote et un vrai républicain. Car, s’il l’avait été, il aurait expliqué, pourquoi, au nom des valeurs républicaines – même de gauche, car les valeurs républicaines invoquées par Sarkozy ne sont pas particulièrement de droite, contrairement à ce que beaucoup disent -, Sarkozy était un minimum ! Oui, un minimum républicain face aux valeurs soixante-huitardes, de relativisme culturel, et encore imprégnées des vicissitudes du gauchisme, qu’incarnait et qu’incarne encore la « gauche » dans son ensemble.


Et j’avais même laissé passer les délires – antiaméricains et anti - israéliens, pour ne pas dire plus, vu leur teneur – qu’on trouvait, non pas seulement sur des sites islamistes (rappelons qu’Al Qaïda a appelé à viser la France pour s’être livré aux sionistes !), mais aussi sur le site fort répandu (on en trouve des stickers partout dans le métro) www.toutsaufsarkozy.com. Site ayant diffusé une affiche qui ne manquera pas d’interpeller les honnêtes gens.




Et puis, après tout avoir laissé passer, faute de temps – et qui suis-je après tout ? -, j’en eus assez ce matin, en ouvrant ma boîte mail Sciences Po et en lisant cette lettre – envoyée depuis le 5 mai en accusé réception à tous les étudiants de Sciences Po, mais que je n’avais pas lu -, où Sarkozy devient carrément le pion, si ce n’est l’espion de Georges Bush en France. Afin de réaliser les plans de quasi invasion, du moins de contrôle de la France, par les Etats-Unis.


Ben voyons. Dans le délire anti - américain, difficile de faire mieux.
C'est un peu comme ceux qui pensaient en 1935 que ceux qu'il fallait stopper, c'était les Américains. Ceux-là n’avaient pas vu d'où venait vraiment le danger. Et il semble que d'autres, aujourd'hui, fassent de même. Et derrière les arguments diffamatoires et victimaires personnels – que n’importe qui pourrait inventer, même de bonne foi (mais là franchement je n’y crois pas), dans son délire – c’est bien le schéma classique et trop connu du complot et de l’ombre qu’on retrouve.


Voilà qui plaira aux amoureux des théories du complot.



N.B. : J’ai bien entendu hésiter à publier cette lettre, qui, semble-t-il, vise plus à faire de la publicité pour un blog sur fond de diffamation qu’autre chose. Toutefois, par souci de transparence et afin de montrer l’étendue du délire antisarkozy et antiaméricain, je décidais de le faire. Si vous ne voulez pas soutenir un tel blog, ne cliquez pas sur les liens. De mon côté, j’ai tout mis à votre disposition.


Gad.


Lettre d’Hervé Schoner.

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes,


Ceci est un message de la plus haute importance. L’heure est grave.

L’indépendance de la nation est aujourd’hui en danger.

Oui, l’indépendance de la France est menacée.


Comme je l’ai indiqué il y a de nombreux mois sur mon blog, Nicolas Sarkozy est un cheval de Troie des Etats-Unis en France. Il est chargé par les néoconservateurs américains aujourd’hui au pouvoir à Washington de faire de la France une province des Etats-Unis.


Oui, je l’écris comme je le pense, George Bush souhaite étendre sa domination européenne sur la France et y placer un « gouverneur général », en la personne de son ami Nicolas Sarkozy.

Oui, je l’écris comme je le pense, après avoir tenté de renverser notre président de la République et de réaliser un coup d’Etat, que Nicolas Sarkozy désignait par le sympathique petit mot de « rupture », George Bush essaye aujourd’hui d’arriver à ses fins et de conquérir le pouvoir dans notre pays par le biais des élections.

Avec sans aucune doute installer en France dès que possible des bases aériennes et autres organes militaires sous commandement américain, à la manière des bases américaines qui se trouvent déjà en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni, au Japon, en Corée du Sud et ailleurs sur la planète.


Oui, mes chers compatriotes, vous avez bien lu !

Ce message n’est pas un virus. Il est écrit par un ancien salarié de Nicolas Sarkozy au sein de l’UMP. Je vous invite à faire connaître cette inavouable intention et mission de M. Sarkozy au plus grand nombre et à l’envoyer à tout votre répertoire.


Mais laissez-moi de suite vous mettre en garde. M. Sarkozy n’a pas que d’inavouables intentions. Il a également d’inavouables pratiques qui font de lui en tout point une personne indigne d’être à la tête du parti gaulliste et indigne d’un homme politique qui brigue la Présidence de la République française. Pour en connaître quelques-unes, je vous invite à lire en détail les pages de mon blog sur :




Comme je l’avais déjà écris sur ce blog en avril 2006, je réitère ici mon propos : Nicolas Sarkozy m’a recruté et a cherché à mettre ma vie en danger.

En réalité, je crains de devoir vous révéler qu’il s’agissait de quelque chose d’une gravité encore terriblement plus invraisemblable et de faits encore bien plus ineffables et inavouables :

Oui, tout me laisse penser que Nicolas Sarkozy a cherché à réaliser une tentative d’homicide volontaire à mon endroit en me recrutant et en organisant, je devrais écrire, en concevant « sur mesure », spécialement pour en finir avec moi, ce qu’il aurait aimé être une « caravane de la mort », et qu’il avait sympathiquement intitulée « caravane des plages » à l’été 2005.


De très nombreux éléments me laissent penser que Nicolas Sarkozy m’a pris pour le corbeau dans l’affaire Clearstream, comme je l’ai indiqué aux juges en charge de cette affaire.


Oui, tout me laisse penser que la finalité de la création de cette caravane des plages par Nicolas Sarkozy était de me réduire au silence éternel en raison de mes informations sur les montants colossaux détournés dans l’affaire des frégates de Taiwan.


Oui, tout me laisse penser que Nicolas Sarkozy a prononcé les mots « rupture », « racaille », « Kärcher », « la France qui se lève tôt le matin », le slogan « construire ensemble » et a encore utilisé tant d’autres mots et expressions, noms de lieux, prénoms et noms de famille des amis et connaissances de ma famille, de mes collaborateurs lors de stages antérieurs, à partir d’e-mails que ma famille ou moi-même avons pu échanger ou à partir de fichiers qu’il a pu trouver dans les ordinateurs de ma famille, et même dans les vidéos et cassettes vidéos de ma famille, en allant jusqu’à chercher son inspiration dans des blagues sexistes et autres fichiers d’humour rose ou contenant des vulgarités qui ont pu nous être envoyés !


Ou encore dans des fichiers et e-mails relatifs à EADS et Airbus, à Thales, à l’informatique, à la Chine, à Taiwan et à mon étude sur les relations entre la Chine continentale et Taiwan, à des fichiers et e-mails relatifs à Jacques Chirac, à Dominique de Villepin, dirigeants desquels il savait que j’étais fervent partisan, à George Bush et à la guerre en Irak, guerre à laquelle il savait que je m’étais frontalement opposée dès le jour de son déclenchement dans une lettre ouverte adressée à mes amis américains, à des fichiers et e-mails relatifs aux Etats-Unis, à Israël, aux pays arabes, aux religions, à l’extrême-droite, à l’extrême-gauche, à l’armée.


Oui, tout me laisse penser que depuis de très nombreux mois, depuis de trop nombreux mois, Nicolas Sarkozy utilise les services (français ? /américains ?) pour me traquer, pour m’impressionner, pour m’intimider, pour me mettre sur écoute, pour pénétrer dans mon ordinateur ou ceux de ma famille, pour que « je la mette en sourdine », pour que je taise ses agissements et ses intentions ignobles.


Oui, tout me laisse penser que Nicolas Sarkozy a organisé cette caravane des plages après avoir utilisé ses services pour rentrer dans l’ordinateur du domicile de mes parents début juillet 2005.


Ainsi, quelques extraits des écrits les plus nauséeux que l’homme a produit depuis l’invention de l’écriture se trouvaient alors sur cet ordinateur, au milieu d’un important ensemble de pages téléchargées sur Internet et consacrées à l’histoire de l’Allemagne.

Oui, des extraits de cet interminable alignement de mots répugnants qui sont autant d’injures à l’humanité toute entière et qui a à jamais souillé la langue allemande, les considérations de prison du pire monstre que notre planète a vu naître, « Mein Kampf ».


Tout me laisse penser que ce sont ces documents qui ont donné à Nicolas Sarkozy l’idée de chercher à me tuer dans cette caravane des plages en organisant une « caravane de la mort » et en me tuant au travail, à la manière des nazis avec les personnes déportées dans les camps de concentration et de travail, avec leur ignoble « solution finale ».


Oui, je l’écris comme je le pense, Nicolas Sarkozy me connaît personnellement. Et pire encore, Nicolas Sarkozy me connaît mieux qu’il ne connaît aucun autre jeune de mon âge.


Et permettez-moi de rajouter cette petite précision : lorsque je vous écris « tout me laisse penser », il s’agit simplement d’une précaution de langage. Vous aurez bien compris que je n’ai pas le moindre doute concernant l’ensemble des points que j’ai mentionnés ici. Mais que naturellement M. Sarkozy a toujours pris suffisamment de précautions avec ses services pour pouvoir inclure de manière extrêmement subtile les mots et phrases qu’il puise dans ma vie, dans la vie de ma famille, et ainsi pouvoir affirmer sans que l’on puisse lui rétorquer quoi que ce soit, que tout cela il n’en a jamais entendu parler, que tout cela est tellement gros que cela ne vaut même pas la peine que mention en soit faite, qu’il n’y a bien évidemment absolument aucun rapport entre tout ce que lui, ministre d’Etat, a fait et dit et la vie du simple petit citoyen que je suis et ainsi le plus aisément du monde pouvoir me faire passer devant vous, mes chers compatriotes, pour un paranoïaque, voire un fou, et ce en dépit des études, généralement qualifiées de brillantes, que j’ai pu faire.


Pour finir, je prie tous ceux que j’ai pu importuner par ce message de bien vouloir m’excuser pour le dérangement, mais je crois que les circonstances d’aujourd’hui exigent que j’utilise ce biais, à défaut de pouvoir avoir accès au moindre autre moyen de vous informer ou de communiquer avec vous.


En effet, ne trouvez vous pas surprenant qu’en dépit de mes lettres ouvertes, de mon blog, de mon site Internet (qui, au demeurant a été purement et simplement clôturé depuis sa création fin juin 2006), et qu’en dépit de mes révélations sur les pratiques inqualifiables et scandaleuses de Nicolas Sarkozy, en tant que ministre de l’Intérieur de notre République française et comme président du plus important parti politique de notre pays, pas un seul de vos hebdomadaires ou quotidiens favoris n’ait à aucun moment jugé utile ou intéressant de faire paraître la moindre ligne sur ces pratiques d’une gravité invraisemblable et inimaginable dans une démocratie comme la France ?


Oui, mes chers compatriotes, la liberté de la presse dans cette France où Nicolas Sarkozy (pendant 4 ans) et ses sbires (depuis un mois) contrôlent le ministère de l’Intérieur n’est pas seulement menacée, elle est d’ores et déjà inexistante. Oui, le contrôle de l’information et de la presse par Nicolas Sarkozy et ses proches est aujourd’hui absolu, mais là encore d’une manière tellement subtile que Nicolas Sarkozy peut affirmer le plus diplomatiquement du monde, que ce serait faire injure aux journalistes que de dire qu’ils ne sont pas libres d’écrire ce qu’ils pensent et ce qu’ils souhaitent écrire, de faire parler et d’interviewer les personnes qu’ils souhaitent ou encore d’aborder les sujets qu’ils souhaitent traiter.

Il nous suffit donc, mes chers compatriotes, de dire un immense merci à l’auto-censure des journalistes conjuguant le verbe avoir peur au présent et au futur, avec pour eux la conscience de l’omniprésente possibilité de se voir retirer leur carte de presse, ou des rédacteurs en chef, avec pour eux la conscience de l’omniprésente possibilité de se voir retirer l’autorisation de parution de leur journal : au présent, avec d’ores et déjà les proches de Nicolas Sarkozy contrôlant le ministère de l’Intérieur, au futur, avec la possibilité de l’arrivée de Nicolas Sarkozy et de ses pratiques terrorisantes à l’Elysée.


Et je vais encore aller plus loin, tout me laisse penser que Nicolas Sarkozy, pour tenter de mieux faire croire aux Français que l’on peut dire et écrire toute vérité dans notre pays, tout particulièrement à son sujet, est lui-même à l’origine de la création de toutes pièces ou de la révélation de « mini-affaires leurres » le concernant, afin de mieux vous faire croire, mes chers compatriotes, qu’absolument tout a été dit et ainsi encore d’autant mieux pouvoir littéralement faire étouffer les « affaires importantes et graves » dans lesquelles il est impliqué, voire desquelles il est l’instigateur, telles que celles que j’ ai évoquées ci-dessus ou sur mon blog depuis des mois et des mois.


Je remercie tous les autres de ne pas avoir abandonné la lecture de cet e-mail en cours de route et d’être arrivé jusqu’ici, et vous remercie une nouvelle fois de bien vouloir transférer cet e-mail à toutes les personnes que vous jugerez intéressées par les quelques points que j’ai pu ici mentionner.


Hervé Schoner

27 ans









[1] J’utilise le mot « fasciste » au sens d’un comportement violent, brutal, aigri, frustré et anti – démocratique.

Il ne s’agit pas ici, bien évidemment, ni du fascisme historique (le fascisme italien), ni du fascisme scientifique et conceptuel. On se référera à d’autres articles sur ce site pour plus de précisions.


jeudi 26 avril 2007

Ségoporifique discours : stupeur et tremblements au sein du P.S.

Royal, ce discours, décidément ! On se regardait tous hier soir, la mine affligée.




Non pas tant par les résultats de ce premier tour, mais bien par le spectacle lamentable qu’offrait la candidate du PS face aux caméras de télévision.



Après s’être fait attendre comme une diva, Ségo-starlette ne nous a pas déçus : un discours consternant de nullité, qui laisse déjà entrevoir ce que pourrait donner la candidate du PS au pouvoir.



C’est vraiment à se demander si elle le fait exprès. Ce n’est pas possible d’être assommante à ce point ! Et quel besoin de s’éterniser de la sorte, surtout?



Ce qui aurait dû être un discours clair, efficace, percutant est devenu un monocorde récitatif.



Là où ses électeurs auraient espéré, non pas une explosion de joie mais au moins une ferveur communicative, des remerciements un peu plus chaleureux, bref une bonne raison de croire en la victoire, c’est un interminable discours qui leur a été débité.



Sans s’écarter d’une virgule d’un texte (mal) lu, la candidate du changement, la candidate du renouveau politique a commencé par reprendre les propres termes de Jacques Chirac, gratifiant ses électeurs d’un « Français, françaises, mes chers compatriotes »…



Improbable discours, qui prouve que la droite conservatrice n’a pas le monopole des formules vieille France. Quel ennui !



Un ségoporifique discours, consternant de platitude.

Waterloo, morne plaine. Oui, c’est à Hugo que je pensais pendant que j’essayais de réprimer quelques bâillements, à Victor Hugo et sa description du champ de bataille ravagé[1].



Un crépuscule. Pas de désir, mais un désert d’avenir[2].




Un bien mauvais ramassis des discours précédents, compilés sans génie, aucune pause stratégique, des phrases coupées aux mauvais endroits, une rhétorique d’avant-guerre… Soyons honnêtes : une catastrophe, il faut bien le dire.



Ségo s’est surpassée ce soir-là. Aucun naturel, aucune conviction dans le ton. Le sourire figé, les traits crispés, la poupée de cire affichait une rigidité imperturbable.



Bien calée dans mon fauteuil, je me rappelle avoir eu une pensée émue pour les militants et journalistes obligés, eux, de subir –il n’y a pas d’autre terme- debout ce discours d’enterrement.



Les applaudissements avaient beau tenter de couvrir cette voix qui s’élevait d’entre les tombes d’un PS mortifié, peine perdue : la Royal continuait de débiter laborieusement son magistral pensum.



Foin d’euphémismes : en matière de communication politique, et même de politique tout court, la robotique Ségolène est désespérante.



Il faut dire aussi que les seules fois où elle s’est un peu lâchée, Ségo s’est tapé une honte royale (Ségo en bourgeoise guindée dansant avec Djamel sur le rap de Diam’s, Ségo et la bravitude…etc)



C’est dommage. Car nous Ségolène, on l’aime bien quand elle essaie d’être sympathique et qu’elle se ridiculise, enfin surtout quand c’est Florence Foresti qui lui taille un costard sur mesure (un Paul Ka bien sûr). A ce propos, une vidéo qui circule sur dailymotion et me fait mourir de rire.










*T*








[1] Victor Hugo, « L’Expiation », extrait du recueil Les Châtiments (Livre V : « L’Autorité est sacrée »)


Le 18 juin 1815, les troupes britanniques de Welligton et les troupes prussiennes de Blücher remportent une victoire décisive sur l’armée de Napoléon Ier à Waterloo (au sud de Bruxelles). L’Empereur fatigué multiplie les erreurs tactiques. Cette défaite provoquera la chute de l’Empire napoléonien.




[2] Pour reprendre ici le jeu de mots de ce fameux site anti-Ségo, desertsdavenir.com



dimanche 15 avril 2007

Hommage au policier assassiné à la foire du trône !

A lire absolument ! Pour la justice, pour une France plus sûre, et pour que la foire du trône cesse d'être l'attraction pour racailles ... Merci à O'Brian pour ce billet.




Courrier circulant dans le milieu policier....... voir un certain malaise....

Chers collègues. Foire du Trone, Paris 12.

Chers collègues.

J'avais trente-et-un ans,un père, une mère qui m'aimaient et que j'aimais,une petite amie que j'aimais, avec qui je fondais des projets de foyer, d'enfants...des coéquipiers qui m'appréciaient et que je j'appréciais, des amis avec qui je partageais pleins de joies...

J'étais policier! Mon grade?! Gardien de la Paix...J'étais de la 11ème CI, en ULI. La PAIX Ca la paix, je l'ai gardée! gardée sans jamais l'avoir trouvée!!!Pourtant je m'efforçais de la garder, de la maintenir...pour mes proches, mais aussi pour mes concitoyens. Ces "citoyens" qui m'ont craché dessus, qui m'ont insulté, parfois même violenté!!! Ce soir, vers 21h00, un d'entre eux, aidé par d'autres "citoyens", un "brave citoyen" donc, un de ceux que nos lois, nos magistrats, nos "citoyens", nos associations, nos bien-pensants et parfois même que des FONCTIONNAIRES DE POLICE protègent; et par la force des choses que notre Etat protège... Un d'entre eux, disais-je m'a lâchement assassiné.

Comment??? Non, il n'était pas armé! Non, il ne m'a pas foncé dessus avec un véhicule "emprunté"! Il m'a simplement poussé sous le verin d'un manège qui m'a décapité sous les yeux de mes collègues impuissants.
Pourquoi??? Comment dire? J'intervenais sur une rixe entre jeunes, qui, non contents de porter des coups à la foule en présence ainsi qu'au forain propriétaire du manège, ils nous prirent à parti mes collègues et moi!!! J'eu moins de chance que les autres voilà tout!

Le plus "curieux", c'est que ma mort ne fait l'objet que de quelques lignes dans les feuilles de choux qui se disent journaux d'information! Ah! j'allais oublier, il s'agit bien évidemment d'un accident!!! Que mes collègues sans doute sous l'effet de la peine, de la surprise, du choc, n'ont pas encore réagit! Ils n'ont manifesté ni mécontentement, ni colère, ni ras-le-bol... Pas même un ça suffit (avec s'il vous plaît juste après sinon ça fera trop répressif voire agressif) c'est étonnant, ça non?! Surtout quand on sait que deux "jeunes désoeuvrés" morts dans un transformateur en novembre 2005 avaient suffit à déclecher de longues nuits d'émeutes, de vandalisme et d'innombrables violences armées ou non à l'égard de nos collègues... A des marches silencieuses ou des manifestations... A des interventions télévisées de nos gouvernants très émus...

Je ne vous raconte pas tout ça pour vous faire pleurer sur mon sort ni vous inciter à la vengeance et encore moins à vous enjoindre à demissionner! Non, collègue! Je t'écris simplement pour te dire que si tu n'y prends pas garde, tu seras peut-être le prochain!!! Ce sont tes collègues qui pleureront de n'avoir rien pu faire, C'est chez toi que le téléphone sonnera pour annoncer à ta femme que tu es décédé dans l'exercice de tes fonctions! C'est à ta famille que l'on remettra le drapeau, symbole de nos couleurs et des valeurs que tu a défendu au prix de ta vie!!! C'est à tes parents que l'on donnera tes deux belles médailles "en chocolat" pour le titre de chevalier de la légion d'honneur et d'acte de courage et de dévouement, à titre posthume bien entendu!!! Avec un peu de chance tu passera puet-être même brigadier ou officier (toujours à titre posthume)! C'est pour ton fils, ta fille que les collègues verseront la cotisation à l'orphelinat de notre institution... C'est à tes collègues que l'on dira d'éviter les contrôles dans le secteur ou tu sera MORT, ce de le but bien évident de ne pas "provoquer" ces pauvres petits, et par la même occasion également empêcher qu'un autre collègue comme toi ou moi, de commettre une "bavure"... Eh oui! Mieux vaut que tu décèdes sous les coups, les balles ou les roues d'un véhicule... Cela suscitera toujours moins d'émotions que si un "citoyen" désoeuvré trouve la mort après nous avoir tiré dessus ou bien après avoir essayé d'échapper à un contrôle de routine!!!

Voilà, COLLEGUE!!!>> >>> >Je ne m'attends pas à ce que tu ailles manifester, à ce que tu deviennes plus professionel lors de "l'exercice de tes fonctions", à ce que tu sois plus solidaire de nos collègues à ce que tu fasses ce qui est nécessaire pour que cela ne se reproduise plus jamais, ni même à essayer de réunir le maximum de collègues pour les en convaincre!!!

Non, non! Loin de moi de croire que ma seule mort suffirait à changer tout ça!!! J'éspère simplement que tu apprendra à en faire le moins possible, à ne plus t'exposer, à étouffer ta fierté et ton honneur dans le silence, la bêtise, la lâcheté, la collaboration, le suicide, voire l'alcool ou la drogue pour les plus loques d'entre nous!!! Eh oui c'est aussi ça la "Grande Maison", une "famille", "saine" "unie" et "soudée" comme un seul homme!!! Il faudra aussi que tu apprennes à enduire ton anus de vaseline liquide(c'est plus efficace), à bien le dilater sinon c'est plus douloureux, et ce pour chacune de tes convocations à l'IGS ou au tribunal car pour nous autres, la présomption d'innocence n'existe pas ou alors il faudra que tu dénonce tes collègues!!!

Je te rassure, il ne faut pas t'en faire pour moi! Là où je suis, j'ai enfin trouvé la paix... Plus de risque de me faire insulter, violenter, dénoncer et accuser injustement... Ma fiancée va sûrement recevoir le chèque de soixante euros prévu pour les décès de collègues en service... Ma mère pourra essuyer ses larmes dans le drapeau qu'elle aura reçu... Mon père rangera mes deux médailles sur l'étagère du salon... Mes collègues feront une quête pour une belle couronne...Le préfet organisera sans doute une belle cérémonie... Seront présents beaucoup d'officiels, n'oublie pas que nous sommes en période d'élection ultime, ils seront légion ceux qui profiteront de mon oraison pour grapiller quelques secondes sur chaîne de télé ou quelques lignes dans les torchons... Les bien-pensants ou "citoyens" "sympathisants" diront il ne faisait que sont travail c'est normal, ou alors c'est bien fait pour lui il n'avait qu'à pas martyriser ces pauvres jeunes qui venaient s'amuser... Et puis pour une fois que c'est un flic qui se fait tuer, on ne va pas en faire un fromage!!!

A ceux là je réponds : rassurez-vous personne n'enfera un fromage, pas même un petit crottin.... Ceux qui m'ont assassiné courent toujours! dans leur cité, ils doivent parader en criant on a fumé un keuf! et ils seront respectés par tous les petits autres jeunes "désoeuvrés" qui les considéreront comme des héros... Et pour les rares collègues qui n'auraient pas compris, qui les interpelleront, qui recevront des coups, des crachas, des insultes et qui utiliseront la force strictement proportionnelle et nécessaire; on dira: mais q'avez vous fait? vous allez provoquer une émeute, vous êtes fous? en période d'éléctions en plus!!!!!

J'en ai fini avec toi collègue, comme j'en ai fini avec ma vie! Je te laisse donc retourner à tes occupations et je te dis : ma dernière volonté est que tu fasses passer ce message au plus grand nombre de collègues possible.

Merci d'avance A BIENTOT PEUT-ETRE? (qui sais si tu as compris?! Dieu seul le sait comme le veut l'expression populaire... Tiens je lui demanderai en passant!!!

Au revoir René ...

René Rémond nous a quitté ...
Passionnés d'histoire, de politique et tout simplement de culture, nous nous devions de lui rendre hommage. Président de la fondation nationales des sciences politiques, membre de l'Académie française, grand officier de la Légion d'honneur, grand historien, rénovateur de l'histoire politique en France, grand lettrré, d'une culture impressionnante, René Rémond ne pouvait laisser indifférent.
D'autres témoigneront bien mieux que nous de sa vie, de son parcours, de sa formation et de son travail, mais nous ne pouvions rester sans rien dire, à la disparition d'un homme qui a tant apporté au domaine académique et universitaire, ainsi qu'à la réflexion en France.
René Rémond, ce fut Nanterre, ce fut aussi Sciences Po, ce fut Les droites en France. René Rémond et ses débats avec Sternhell, la constitution - avec d'autres - de l'histoire du temps présent, le renouveau politique avec Jean Touchard, Maurice Duverger, Alfred Grosser, Raoul Girardet, la formation d'une nouvelle génération d'historiens, tout ça ce fut Rémond.
Et si les controverses furent vives, ce ne fut qu'enrichissement !
Merci René.

P.S: D'autres parleront mieux que nous de René Rémond. C'est pourquoi nous publions en commentaires et sur le forum les déclarations d'amis et de personnalités qui l'ont connus et qui témoignent de sa vie, de son oeuvre, de ce qu'il était.

mardi 27 mars 2007

Présidentielle 2007 : Légitimité du discours politique VS propagande

A nouveau, nous ajoutons à notre liste de coopérateurs une nouvelle personne, une certaine *T* qui revient sur le traitement abusif réservé à certains candidats. *T* est aussi l'occasion d'accueillir un nouveau discours au sein de LdM, sans doute une autre vision des choses, d'autant que je suis loin de tomber d'accord avec tous les points qu'elle développe. Je participerai donc à la discussion. Comme toujours, je me devais d'écrire ces quelques mots pour sa première participation, mais uniquement pour celle - ci. Bonne lecture, c'est bien écrit et entraînant. Gad.


Je viens de recevoir un énième chain mail anti-sarkozyste de la part d’amis qui n’en peuvent plus de se gargariser avec leur prétendu « engagement politique ».



Et ça m’énerve. Que les choses soient claires : je suis d’accord pour critiquer Nicolas Sarkozy, et ce sur divers points qui lui sont objectivement imputables. MAIS svp, on vérifie ses infos avant de les balancer sur le web : ce mail est truffé d’informations erronées et tombe dans des travers si grossiers que son discours en perd du coup toute crédibilité (taxer par exemple Sarko de « nazi » quand on sait qu’il a des origines juives du côté de sa mère et qu’une partie de sa famille a été décimée dans les camps c’est non seulement ignorer la définition même du terme « nazi », une erreur lexicale, mais surtout franchement insultante). Bref, il s’agit ici – vous l’aurez compris - d’un prétexte à un coup de gueule plus général contre ce que l’on nomme le discours de propagande – celui-là même, hélas, qu’on nous sert à toutes les sauces depuis le début de cette campagne électorale.



Or la déontologie, l’honnêteté intellectuelle, la responsabilité me semblent être des qualités absolument primordiales dès lors qu’on s’attaque au discours, tout discours politique qui s’assume en tant que tel en revendiquant une légitimité propre.



Le droit à l’existence, à la reconnaissance du discours politique, sa légitimité, dépendent précisément –exigence éthique fondamentale- de son contenu informatif.



Un discours responsable, qui peut et doit pouvoir répondre de façon argumentée, sérieuse, documentée –et non pas se contenter de reprendre quelques accusations faciles glanées ici et là, accusations que l’on n’aura pas pris la peine de vérifier.



Si je trouve bon le principe de libre-circulation des idées -on reproche trop souvent à notre génération Star Ac’ de ne pas échanger suffisamment en politique- ce n’est pas pour autant que tout et surtout n’importe quoi ne doit pas être repris et analysé avec une certaine distance, la plus impartiale possible (étant entendu que la parfaite objectivité n’est qu’un idéal impossible à concrétiser. Et que parfois –qui plus est en politique- il est bon de sortir un peu du Monde des Idées).



À l’heure de cette campagne présidentielle 2007 où le débat politique vole au ras des pâquerettes, occulté et réduit à une pure publicité, totalement vidé de son contenu, il est urgent de maintenir une certaine vigilance et de rectifier le tir quand cela s’avère nécessaire.





N’oublions pas ainsi –et je précise une fois de plus que je ne tiens pas à faire l’apologie de Sarkozy pour lequel je ne voterai d’ailleurs sûrement pas, mais simplement à rétablir ici quelques points- que, comble de l’ironie, ce candidat de l’UMP tant décrié et qualifié à tout va par une extrême-gauche agitée adepte d’amalgames faciles et dangereux de « facho » « lepéniste » « xénophobe » « néonazi » fait l’objet à l’heure actuelle d’odieux propos antisémites et caricaturaux, notamment sur le web, du style « Sarkojuif est un sale juif, ben tiens, c’est pour ça qu’il n’aime pas les arabes »… Propos qu’il n’est malheureusement pas rare de trouver au sein même d’un certain électorat de gauche qui prétend pourtant combattre la xénophobie : si l’on surfe un peu sur les forums, on voit parfois ressurgir –entre dégoût et incrédulité- l’éternel fantasme du complot juif « Sarko défend les Américains qui défendent les méchants Israéliens qui massacrent les pauvres musulmans »



Oui on peut reprocher à Sarko beaucoup de choses : sa campagne de désinformation lors de la catastrophe de Tchernobyl alors qu’il était délégué interministériel au nucléaire, le fait qu’il ait effectivement « menti » en finissant par privatiser GDF ou qu’il ait offert sur un plateau la Légion d’honneur à Pierre Bernard, maire d’extrême-droite au comportement choquant, révoltant –remarque, de toutes façons (au risque de vous décevoir) recevoir la Légion d’honneur dans notre douce France, ça ne veut plus rien dire ! Ils la donnent à tout le monde : même cette crapule de Papon aura réussi à être enterré avec, c’est dire !



On peut reprocher à Nicolas Sarkozy beaucoup de choses, les occasions ne manquent pas, citons encore entre autres son rôle dans l’affaire Clearstream, son soutien envers Bush et la politique de ce dernier en Irak… Sa surmédiatisation, cet acharnement parfois tellement agaçant à faire parler de lui –en même temps, c’est de bonne guerre comme dirait l’autre : cela fait quelques temps déjà que nous sommes entrés dans la politique du spectacle.



Mais si vous voulez être crédibles, reprochez-lui justement des faits établis ! Ne vous condamnez pas vous-mêmes en tombant dans le propos mensonger, vous perdez de fait toute légitimité ! Ainsi, on peut reprocher par exemple à Nicolas Sarkozy un certain autoritarisme dans la conception qu’il se fait de la politique mais en revanche, parler de « totalitarisme »ne me semble pas être, une fois de plus, le terme adéquat[1].



S’il est vrai qu’on peut encore relever contre lui ces mots provocants et peu subtiles qui datent de 2005 (« racaille », « karcher »), à l’origine de la révolte –toutefois latente- des banlieues, en revanche il ne faut pas non plus tomber dans le discours caricatural de base : on peut être jeune ET de droite ET ne pas négliger l’importance du social en politique ET refuser les dérives capitalistes, on peut même être étudiant ET de centre-droit ET refuser de se reconnaître dans Bayrou (waouh ! ben ça alors)




Gardons-nous donc des clichés, des jugements hâtifs à l’emporte-pièce qui inscrivent et condamnent d’emblée le discours dans une immédiateté dangereuse, arbitraire et finalement dogmatique.



A l’inverse de la réaction, seule la médiation du logos, la réflexion raisonnée et surtout nuancée peut nous protéger du préjugé.



Sarko n’est ni un facho ni un héros : méfions-nous des étiquettes caricaturales, n’en faisons pas un diable ni une idole, car c’est là aussi le danger qui nous guette.



Non, le candidat de l ‘UMP ne se réduit pas à l’héroïque négociateur de la prise d’otages de Neuilly, comme non plus à l’ami de P. Bernard.



Il faut savoir lire au-delà des images, discours immédiats et autres constructions médiatiques qui nous sont donnés à voir et à entendre de façon spontanée.



Dé-coder l’image cryptée, procéder avec prudence et lucidité.



Oui, il faut bel et bien démonter l'image que Sarkozy se donne, mais pas seulement celle de Sarko d’ailleurs : celle de TOUS les candidats politiques qui nous en donnent l’occasion. Et foin de dramatisme théâtral et de prédictions catastrophistes du genre « c’est la fin du monde » (« la IIIème guerre mondiale », «une dictature sans précédents dans l’Histoire de la France », au choix)


Sans nous laisser emporter, donc, par un discours aveugle, totalement dé-lié, qui reprendrait par là même la démarche de ce qu’il prétendait condamner à corps et à cris, calmons-nous, raisonnons, discutons, NE NOUS ENFERMONS PAS: gardons le débat ouvert, et ne craignons surtout pas un mot qui fait peur aujourd’hui, un mot tabou, honteux, stigmatisé, presque un gros mot apparemment : la différence. Les différences. Nos différences.






*T*






[1] C’est même un énorme contresens : un simple coup d’œil au dictionnaire Robert vous le dira, l’exact contraire du « totalitarisme » en politique c’est le… « libéralisme », idéologie assez clairement revendiquée par Nicolas Sarkozy pour l’ignorer ! Si un « régime totalitaire » est un « régime à parti unique, n’admettant aucune opposition organisée (…) » (dictionnaire de la langue française Le Petit Robert, éd.2002), je vous rassure tout de suite, nous sommes donc encore très loin de la dictature de la pensée. Voir également Raymond Aron, Démocratie et totalitarisme, Paris, Gallimard, 1965.



lundi 26 février 2007

Taubira vs Zemmour







Taubira Zemmour
envoyé par Raed





Cette vidéo montre bien les deux aspects importants (si on laisse le cas Dieudonné qui fut plutôt consensuel) du débat entre Zemmour et Taubira. Après le débat oral toujours confus, prenons le temps de revenir sur les arguments avancés, pour les confronter, les comparer et les analyser.



Ainsi Zemmour reproche à Taubira de ne parler dans sa loi de 2001 sur "la traite des noirs" que de la traite trans - atlantique, oubliant la traite arabo - musulmane et même (il ne le dit pas ici mais il l'a dit maintes fois ailleurs) la traite des noirs par les seigneurs, chefs de tribus africaines, donc eux - mêmes noirs. La "délégué e à l'expression républicaine" dans la campagne de Ségolène royal, lui répond que les motifs de la loi et les discussions destinées à la préparation de la loi, ont pris ces autres traites en considération. Mais que le gouvernement français n'avait pas pu engager d'autres pays dans la loi.

C'est avant tout partiellement faux. En effet, d'autres pays sont engagés, et elle le souligne elle - même, puisque la France n'est pas la seule visée et qu'il s'agit de la traite trans - atlantique. Ce sont au contraire les pays non occidentaux, noirs africains et arabo - musulmans qui ne sont pas visés. Scandaleux mais peu étonnant, preuve du Sanglot de l'homme blanc (Pascal Bruckner)[1]
, mais de l'homme blanc seulement, et de sa civilisation, l'occidentale. La peur d'Huntington et du "choc des civilisations", la peur de froisser ces non - blancs n'étant sans doute pas étrangère à ce refus.



Autrement, la réponse aurait pu être acceptable si elle n' était pas venue contredire l'autre réponse de Mme Taubira. Questionnée ensuite sur la loi pour la laïcité à l'école de 2003, dite "loi sur le voile" (les dérogations à la laïcité venant essentiellement du port du voile, même si des cas de Turbans sikhs ont aussi été relevés), l'ancienne chef du Parti radical de gauche se livre en effet à une vive critique de la loi, au motif, il faut bien le reconnaître, qu'elle ne contient pas tout, comme le souligne Zemmour entre deux mots de la coléreuse. La députée critique, à juste titre le fait que l'Alsace - Lorraine bénéficie toujours du statut du Concordat - véritable vestige de l'histoire du XIXe siècle et de la domination allemande dans cette région - et qu'elle ne supprime pas non plus les régimes d'exception accordés par accords avec leurs pays respectifs (le Maroc et l'Algérie,) envers les ressortissants marocains et algériens, au sujet de la répudiation (régime tout à fait scandaleux, soit dit en passant).

Si les deux arguments avancés méritent d'être dits plus hauts et plus forts, ils ne conviennent pourtant pas à la logique de Mme la députée; car s'il fallait ne pas voter une loi au motif qu'elle ne résout pas tout et qu'elle laisse de côté tout un pan des problèmes, tout un pan de la vérité, tout un pan de l'histoire, alors Mme Taubira n'aurait pas dû voter sa propre loi sur la "traite des noirs". Loi qui de la même manière, comme l'a rappelé Zemmour laissait de coté un phénomène beaucoup plus grave : la traite par les chefs de tribus arabes et noires. Sans même rappeler le contexte de la loi sur la laïcité - celui de la communautarisation et de la pression intégriste exercée dans certaines banlieues ou ailleurs -, qui à lui seul justifiait le vote de cette loi en 2003, Taubira se rendait coupable d'illogisme[2].

Illogisme de la dame? Confusion de sa part? Oubli de ses principes?
Peu probable pour une femme qui ne manque pas d'intelligence, on l'a vu.

Alors autre logique sûrement. Une logique, qui dans le vote de la loi de 2001 d'une part, comme dans le refus de voter celle de 2003 d'autre part, vient conforter, malgré ce qu'elle peut dire, l'idée d'une rivalité, d'une opposition, d'un affrontement, d'une violence au moins symbolique, entre des communautés construites : noirs et blancs d'une part, musulmans et non musulmans d'autre part, au détriment de "l'idéal républicain" de discrétion, appelé "assimilationnisme", mentionné par Zemmour. En effet, car dans un cas, elle choisit de voter une loi partiale reprochant à des blancs leur action sur les noirs (décrire la traite des noirs comme un crime contre l'humanité est une bonne chose en soi, le problème est de la limiter à la traite trans - atlantique du 15e au 19e siècle, entretenant une psychose d'opposition historique uniquement entre noirs et blancs), d'autre part elle refuse de voter une loi visant à rétablir l'idéal de discrétion républicaine, ayant cédé du terrain face à la communautarisation religieuse, entretenant ainsi l'idée (aberrante) de stigmatisation des musulmans par la société française.


Si Zemmour, à chaud, en quelques instants, ne rappelait pas à Christine Taubira ses contradictions, que cet article vient compléter après réflexion, mais lui rappelait sa logique; encore une fois, il posait les bonnes questions et visait là où il fallait.








[1] Pascal Bruckner, Le Sanglot de l’homme blanc, Paris : Editions du Seuil, 1983, réédité en collection Points en 2002




[2]Il semble que l’illogisme soit un défaut qui revienne souvent dans les études que nous menons, voir L'illogisme de l'exigence démocratique, sans doute serait – il bien de remettre l’étude de syllogismes au goût du jour.






mercredi 21 février 2007

Caroline Fourest, La tentation obscurantiste, Paris : Grasset, octobre 2005



Journaliste à Charlie Hebdo - journal satirique sous la direction de Philippe Val actuellement poursuivi au tribunal pour la publication de caricatures de Mahomet -, rédactrice en chef de la revue Pro - choix et auteur de Tirs croisés en 2003 et de Frère Tariq en 2004, où elle dénonce le vrai visage de Tariq Ramadan - qui a toujours refusé de débattre avec elle -, Caroline Fourest, entreprend dans son dernier petit essai, de dénoncer cette fois, la « tentation obscurantiste » d'une certaine gauche, dont elle entend se démarquer. La dérive d'une deuxième gauche, radicale, révolutionnaire, altermondialiste, vers une nouvelle forme de totalitarisme, fourvoyant avec l'islamisme, qu'elle décrit, nous paraît juste et précise. A vrai dire, on finit même par se perdre au milieu de tous les noms qu'elle cite, ou de toutes les associations dont elle souligne la dérive, telles que le MRAP bien sûr, Une Ecole pour tous, les Etudiants musulmans de France, ou la revue Nouvelles questions féministes et les propos de sa fondatrice Christine Delphy ... etc ... Il serait bien entendu trop long de les citer tous. L'analyse qu'elle fait de la tentation de certains milieux tiers - mondistes à s'allier avec des islamistes, comme à Durban en 2001, ou au Forum social européen à Londres tenu du 14 au 17 octobre 2004, est pertinente. Les dérives communautaristes, le soutien aux Frères musulmans ou à la vision rétrograde des islamistes parce qu'opposants au capitalisme, à l'Amérique, et parce que figure de l'Autre, victime car non blanc[1], ne fait pas de doute chez certains. Son analyse du jeu et de la concurrence entre sensibilités dites « anti - colonialistes » et « anti - fascistes » au sein de la gauche dite « progressiste » et au sein d'une même personne, est fortement intéressante. A ce titre, cet essai est à mettre en relation, d'une part avec Le sanglot de l'homme blanc de Pascal Bruckner[2], d'autre part, sans doute, au Socialisme des imbéciles, plus marqué sur l'antisémitisme, d'Alexis Lacroix[3].


Inutile de revenir plus encore sur cette alliance d'une partie de la gauche militante avec les islamistes, alliance où les premiers seront bien plus les pions des seconds, que l'inverse, selon l'auteur. Pour un refus de l'utilisation simpliste du mot « islamophobie » comme une forme de racisme, au lieu de la critique d'une idéologie, pour mieux connaître les milieux militants désignés aujourd'hui sous le terme d' « islamo - gauchistes », l'islamisation grossière d'une forme de féminisme, la pétition révoltante des « Indigènes de la République » ou les « idiots utiles » du relativisme culturel : ce petit essai de 166 pages est fort utile, et nous le conseillons.



Il nous faudrait néanmoins revenir sur quelques points, de détail sans doute, mais qui soulignent nos différences, et parfois, les raccourcis de l'auteur. Il apparaît en premier lieu, qu'elle s'adresse à la gauche, au « Parti du mouvement », auquel elle dit appartenir. Le problème, alors, est que son analyse, reste de gauche, par la gauche et pour la gauche. C'en devient presque une histoire de famille. Elle ne dit mot de la lutte anti - totalitaire venant de droite, par exemple. Sans doute, n'est - ce pas le sujet, mais au final, on croirait que les sensibilités dites « anti - colonialistes » et « anti - fascistes » serait le seul fait de la gauche. En vérité, elle reste dans un schéma de gauche, qu'elle appelle « progressiste » et dont la gauche serait le tenant. Elle pêche là, nous semble - t - il, par opposition systématique et intrinsèque à la droite, comme si cette dernière ne pouvait incarner un vent progressiste et qu'elle se limitait à ce qu'on nomme le conservatisme, la tradition, voire la réaction. Au final, la droite n'apparaît que sous le nom de Nicolas Sarkozy[4], à qui elle reproche (le livre date de 2005) une politique communautaire, voire communautariste, sur le modèle anglo - saxon, privilégiant la création du CFCM[5], établissant l'archaïsme religieux au détriment des musulmans laïques. Procès un peu excessif sans doute, compte tenu de la difficulté d'organiser le culte musulman en France, sans pouvoir non plus, en exclure les sensibilités ; et procès dépassé sans doute, compte tenu des positions - nouvelles ou précisées, selon chacun - du candidat Sarkozy pour la conception républicaine laïque française, qui n'épouse pas la vision communautaire. La question, complexe, reste encore à se préciser dans les faits, chez ce dernier.


Mais elle pêche, plus, sans doute, par l'orthodoxie, non pas marxiste ou altermondialiste, mais à vrai dire « déconstructionniste »[6], qu'elle nomme « progressiste », dont elle fait preuve, dans des domaines tels que le féminisme, l'homosexualité ou encore ce qu'elle nomme « raciste ». Si sa gauche à elle est sans doute préférable à l'autre gauche qu'elle dénonce, et plus ouverte, il n'en reste pas moins qu'elle tient des positions figées dans les domaines précités, percevant malgré tout l'Histoire comme un boulevard du « progressisme », où les relations entre hommes et femmes, entre homosexuels et hétérosexuels, ou autres catégories de personnes sont perçues comme des relations entre communautés, devant bénéficier de « droits » toujours plus accrus et plus égaux. Au diable alors la philosophie, la morale ou la nature qui pourraient démontrer quelques différences intrinsèques entre ces catégories construites. Ainsi serait rejetée dans le camp de la réaction, de la tradition, de l'archaïsme, voire de la droite donc, toute analyse, toute perception qui n'emprunterait pas ce boulevard. Or s'il est évident que l'égalité entre les hommes et les femmes est un but, que l'absence de discrimination quotidienne envers les homosexuels en est un autre, il nous semble qu'il ne faudrait pas gommer toute différence d'ordre biologique ou naturel, affirmant que l'homme et la femme, de par leur physiologie différente, ne peuvent pas être partout et indistinctement égaux dans tous les domaines du monde ; ni que les couples hétérosexuels et ceux homosexuels appartiennent à un ordre différent, donc participent à une situation différente, qui ne leur permet pas, en principe, d'accomplir le même type d'actes ( la procréation par exemple) et donc d'obtenir les mêmes droits (le mariage ou l'adoption par exemple).




Et c'est parce qu'elle néglige ces questions morales et philosophiques, qu'elle qualifie assez rapidement d' « intégristes » certaines visions plutôt traditionnelles vis - à - vis des femmes ou des homosexuels. Ainsi, si elle démontre que Tariq Ramadan possède véritablement une vision archaïque et réactionnaire de ces questions[7], de par sa vision fondée sur un certain islam, il ne faudrait pas pour autant qualifier ainsi tout propos qui refuserait - comme je l'ai fait - de voir les couples hétérosexuels et homosexuels comme de même nature morale et philosophique. C'est, il semble, pour les mêmes raisons qu'elle ne s'ancre pas au fond de la réflexion sur un thème comme la « colonisation » par exemple. En l'espèce, si elle dénonce, à juste titre la description faite par Pascal Blanchard et Nicolas Blancel d'un « idéal républicain et universaliste » intrinsèquement tenté par le « colonialisme », celle de Laurent Chambon d'une République qui se fait « particulariste contre les gays » ou la tentative d'Esther Benbassa de « démontrer que les républicains son racistes envers les musulmans comme jadis envers les Juifs », les qualifiant d' « intellectuels actuellement complaisants envers l'islamisme » ; elle ne donne sans doute pas au lecteur les moyens de contrer ces propos outranciers et fumistes. Moyens qui nécessiteraient de resituer les phénomènes coloniaux dans leur ensemble - sans les limiter à leur seule phase européenne -, tant au niveau historique que dans leur composante philosophique et intellectuelle[8].


Caroline Fourest dit également appartenir à une gauche qui « s'est construite dans le rejet des idées moralistes, intégristes et totalitaires »[9]. Si nous nous rallions totalement à la lutte contre les deux derniers adjectifs, il nous faudrait plus de précision sur ce qu'elle entend par le premier. Voulait - elle dire « moralisantes » fustigeant ainsi une gauche ultra - dogmatique et figée, rejetant tout ce qui n'est pas comme elle ; ou bien entendait - elle par là, désigner tout mouvement qui justifierait son action par la morale ? Dans ce dernier cas, la proposition est troublante, faudrait - il rejeter la morale en tout point de vue ? N'y aurait - il pas là confusion entre la morale véritable, soit la Raison, et ce qu'on nomme habituellement « la morale chrétienne » ? Le point reste à préciser, nous ne trancherons pas.




Deux points restent encore à souligner. Sur le fond, l'auteur a tendance, là encore à sur - interpréter certains propos, selon ses propres préjugés. Ainsi qualifie - t - elle de « racistes »[10], les propos d'Oriana Fallaci dans La Rage et l'orgueil[11], dénonçant la forte démographie des musulmans comme une arme pour l'islamisation, de l'Europe notamment, nuisant à sa critique de l'islam comme idéologie. Si les propos peuvent lui déplaire, il apparaît fallacieux de les qualifier de « racistes ». Il est trop facile en effet de crier à la stigmatisation contre une catégorie de personnes dès qu'un propos les touche ; Oriana Fallaci s'en explique d'ailleurs par la suite dans La force de la Raison[12], en citant simplement des statistiques. Là encore c'est plus la forme du propos que le contenu qui choque, aboutissant à stigmatiser, non les musulmans, mais au contraire l'écrivain d'origine italienne, qui dénonçait justement l'élan à la dénonciation de tout propos marginal comme « raciste » dans l'intelligentsia européenne[13].


Enfin, sur la forme, d'un point de vue épistémologique cette fois, on a pu regretter l'utilisation trop creuse par Caroline Fourest de citations trouvées sur des forums de site internet ou de simple présence d'une personnalité à une réunion. Dans l'ensemble, certes, sa démonstration reste efficace et nous ne remettons pas en cause celle - ci, les propos et les participations de certains à des congrès et/ou réunions dites « islamo - gauchistes » étant trop récurrents pour pouvoir les négliger ou les considérer comme de la naïveté, comme elle l'explique. Simplement, il nous faut noter que parfois, de la même manière qu'elle a tendance à condamner trop rapidement un propos au nom d'un certain « progressisme » - en fait un « déconstructionnisme » -, elle s'appuie sur des propos relevés sur des forums, auxquels il sera toujours possible de répondre qu'ils ne sont pas le fait des tenants du site.


Si ces imperfections épistémologiques, méthodologiques, ou simplement philosophiques, viennent parfois nuancer la qualité de la démonstration, il n'en reste pas moins que celle - ci reste entière, pertinente et très utile, à l'heure ou la démagogie de l'alliance dite « islamo - gauchiste » a pénétré non seulement les militants d'une certaine gauche, mais aussi l'univers médiatique du pays.







[1] C'était déjà ce qu'exprimait Sartre dans sa préface virulente du livre de Frantz Fanon, Les damnés de la terre, Paris : Maspero, 1961 ; si virulente d'ailleurs qu'il avait dû ensuite revenir sur ses propos justifiant le meurtre des blancs comme « colons » par essence.


[2] Pascal Bruckner, Le Sanglot de l'homme blanc, Paris : Editions du Seuil, 1983, réédité collection Points en 2002


[3] Alexis Lacroix, Le socialisme des imbéciles. Quand l'antisémitisme redevient de gauche, Paris : La table ronde, 2005


[4] Page 109


[5] Conseil français du culte musulman


[6] Issu notamment de la philosophie de Michel Foucault, qu'elle cite dans son livre pour critiquer la lecture simpliste qu'en font les partisans du relativisme culturel, nous reprenons ce terme pour désigner au sens large la conception qui veut que, tout ayant été construit, tout doit être soumis à déconstruction, au risque de balayer de constructions non dépourvues de sens philosophique ou moral. C'est bien souvent ainsi que nous paraît pouvoir être décrit tout un ensemble de considérations et de positions venues de la gauche française (ou occidentale dans son ensemble, mais nous manquant là une connaissance approchée, nous préférons donc en rester au cas français). Un tel schéma permet d'expliquer, par exemple, l'opposition de gauche à toute tradition, vieille construction devant être déconstruite au profit d'une nouvelle construction. Bien entendu, il existe toujours un écart entre la théorie et la pratique, et l'esprit humain, bien souvent, fait preuve de réalisme et de pragmatisme, y compris lorsqu'il est bercé d'idéologie, d'autant plus dans une société libre.


[7] Page 105


[8] Certes, elle cite ces « intellectuels » au détour d'une phrase et n'insiste pas sur leur cas. Néanmoins, il nous semble qu'il n'est pas possible de répondre à leurs propos simplistes et accusateurs sans prendre en compte un certain nombre de questions philosophico - historiques et morales ; questions, justement, que Caroline Fourest, semble, au nom de son « progressisme » laisser de côté. Le caractère « colonialiste » par exemple n'est pas choquant en soi si on le replace dans son cadre civilisateur et éducationnel, cadre que nos sociétés post « décolonisations » ont en fait abandonné par mauvaise conscience. Ce n'est en fait que le sens péjoratif et dénonciateur que donnent Blanchard et Blancel à ce mot qui est en réalité contestable. Autrement, l'analyse ne nous paraît pas en soi si grossière, car toute entreprise universalisante pourrait être vu sous l'œil du « colonialisme », tout dépend du sens normatif que l'on prête à ce mot en réalité. Nous en touchons notamment un mot dans l'article sur Boutros Boutros - Ghali, Shimon Peres, 60 ans de conflit israélo - arabe.


[9] Page 12


[10] Page 70


[11] Oriana Fallaci, La Rage et l'orgueil, Paris : Plon, 2002


[12] Oriana Fallaci, La Force de la Raison, Paris : Editions du Rocher, 2004 que nous analysons ici : Orianna Fallaci : La force de la raison


[13] La manière avec laquelle, bien souvent, l'intelligentsia médiatique et politiqur qualifie le candidat Philippe de Villiers de « raciste » au motif qu'il a parlé d' « islamisation progressive de la France » donne malheureusement raison à Fallaci.