J'invite tous les français déprimés, tous les français privilégiés et tous les français syndiqués à lire l'ouvrage de Jacques Marseille -célèbre historien de l'économie enseignant à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - La guerre des deux France. Celle qui avance et celle qui freine, Paris : Plon, 2004.
Voici un livre d'économie abordable pour tous, fort intéressant. Tour à tour, Jacques Marseille nous montre de combien est-on plus riche aujourd'hui qu'hier, combien le fonctionnement de nos entreprises nous rapporte et combien la mondialisation nous est bénéfique. Il montre, chiffres à l'appui, que le mal-aise français est bien plus dû à une mentalité, et à l'affrontement de deux camps - ceux qui travaillent et qu'on entend pas et ceux qui se plaignent toujours, chefs du "NON" à tout - plutôt qu'à une mondialisation, à une commercialisation ou à une libéralisation de notre pays, phénomène pourtant si décriés partout. Jacques Marseille, remet, avec brio, tous les préjugés à leur place.
Une critique peut-être : il est dommage, à certains moment que l'analyse en reste à l'économique - par exemple concernant l'échec scolaire de certains immigrés. A cet égard, étant moi-même fils d'immigré, je sais quelles différences on peut opérer entre ces immigrés, et je sais -aussi- que les statistiques françaises ne le permettent pas car les informations concernant la religion, l'ethnie, la culture, le mode de vie sont interdites.
Le moment le plus pertinent, à mon sens, de ce livre, est la dénonciation de la non-représentativité des syndicats français. Surtout implantés dans le public, minoritaires tout le temps, dispersés souvent, ceux-ci agissent par la grève et des contestations radicales d'un système qu'ils refusent par idéologie. M'étant prononcé maintes fois ici, sur le besoin de plus forte représentativité en France à tous les échelons - dans l'article sur Le Chapelier notamment - l'analyse de Jacques Marseille m'a beaucoup plu. Notez d'ailleurs qu'il reprend -tout comme moi ( ou bien est-ce moi qui le reprend sans en avoir eu connaissance avant ) - l'analyse de la loi Le Chapelier de 1791,(Réflexions sur le texte d'intervention politique de Le Chapelier.) radicale, interdisant les corporations et créant l'histoire difficile en France de nos corps intermédiares. Raymond Aron et Michel Crozier, déjà, en leur temps, avaient souligné la nécessité de réformes sur ce point. Je constate que 40 ans n'y ont toujours rien fait, ou presque.
J'ivite donc Jacques Marseille, comme tous mes lecteurs, à relayer mes propos.
Gad.
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